Les associations LGBT dénoncent les propos "irresponsables" du Pape — Homosexualité

27 Août, 2018, 16:55 | Auteur: Lynn Cook
  • Accusé d'avoir couvert les agissements d'un cardinal prédateur le pape François garde le silence

Le pape François a préconisé dimanche une aide psychiatrique lorsque des parents observent des penchants homosexuels de leur enfant.

Il a cependant accepté de répondre à la question d'un journaliste qui lui demandait ce qu'il dirait à des parents se questionnant sur l'homosexualité de leur enfant. Dans l'avion qui le ramenait d'Irlande, ce dimanche, il a recommandé la " psychiatrie " lorsque des penchants homosexuels étaient détectés chez les enfants. "C'est important. Quand cela se manifeste dès l'enfance, il y a alors beaucoup de choses à faire par la psychiatrie pour voir comment les choses se présentent". "C'est autre chose quand cela se manifeste après vingt ans ", a encore dit le pape. "Je ne dirai jamais que le silence est un remède". Ignorer son fils ou sa fille qui a des tendances homosexuelles est un défaut de paternité ou de maternité " a-t-il affirmé. "Continuer à véhiculer l'idée que l'homosexualité peut être une maladie, c'est continuer à cautionner des systèmes d'oppression envers les personnes LGBT", dénonce sur franceinfo la porte-parole de l'Inter-LGBT.

Les derniers propos du pape font beaucoup de bruit. Même son de cloche du côté de SOS homophobie, qui dénonce de propos "graves et irresponsables" qui "incitent à la haine des personnes LGBT dans nos sociétés déjà marquées par des niveaux élevés d'homophobie et de transphobie".

Des prises de parole qui tranchent avec les déclarations, plus progressistes, tenues par le pape François en février dernier à un Chilien victime d'abus sexuels de la part d'un prêtre.

En 2013, le pape François avait fait preuve d'une ouverture inédite à l'égard des personnes homosexuelles avec sa fameuse formule "qui suis-je pour juger?", sans pour autant remettre en cause la doctrine de l'Eglise qualifiant l'homosexualité d'acte "désordonné".

L'Association des familles homoparentales (ADFH) s'est elle aussi indignée et déclare dans un communiqué qu'" il est très étonnant d'entendre régulièrement des conseils et des jugements moraux de l'Église " au sein de laquelle " certaines personnes sont incapables de dénoncer des actes pédocriminels commis par des prêtres, qui devraient être les premiers à bénéficier de soins psychiatriques ".

Rappelons que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a retiré l'homosexualité de la liste des maladies mentales en 1990.

Recommande: