Trump révoque l'habilitation secret-défense de l'ancien chef de la CIA

17 Août, 2018, 06:43 | Auteur: Lynn Cook
  • La porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders répond aux questions des journalistes

Sarah Huckabee Sanders a lu un communiqué de Donald Trump dans lequel il justifie sa décision par "les risques que font courir la conduite et le comportement erratiques" de John Brennan.

L'ancien directeur de la CIA John Brennan a affirmé que le président américain Donald Trump lui avait retiré son habilitation secret défense pour faire peur à ses détracteurs et étouffer une enquête sur ses liens avec la Russie.

Le président américain examine également la possibilité de révoquer les accréditations de plusieurs autres anciens responsables gouvernementaux qui ont en commun de l'avoir critiqué. "John Brennan a des antécédents qui jettent un doute sur son objectivité et sa crédibilité", a-t-elle encore assuré.

Un sénateur démocrate, Mark Warner, a estimé qu'avec son annonce de mercredi, la Maison Blanche avait tenté d'opérer une diversion, le président étant empêtré dans une polémique déclenchée par une ancienne conseillère en relations publiques, Omarosa Manigault Newman, qui a dressé ces derniers jours le portrait acide d'un Donald Trump "raciste" et "misogyne".

La Maison-Blanche a précisé que le président envisageait de retirer leur habilitation à d'autres anciens hauts fonctionnaires de l'ère Obama, dont l'ex-chef de la police fédérale (FBI) James Comey, devenu sa bête noire, mais aussi James Clapper, directeur du renseignement jusqu'à début 2017, Michael Hayden, ex-patron de l'Agence nationale de sécurité (NSA) puis de la CIA, Susan Rice, qui était conseillère de Barack Obama pour la sécurité nationale, et Andrew McCabe, ancien adjoint puis directeur par intérim du FBI jusqu'en août 2017.

Aux États-Unis, où les hauts fonctionnaires sont tous révoqués à l'élection de chaque nouveau président, les habilitations sont conservées par ceux qui en disposent lorsqu'ils quittent leurs fonctions. "Cette conduite et ce comportement ont largement dépassé les limites de toute la courtoisie professionnelle qui lui était faite", indique le communiqué.

La grande purge chez les anciens du renseignement américain a commencé.

Patron de la CIA de 2013 à 2017, John Brennan avait éreinté Donald Trump après sa rencontre à Helsinki avec son homologue russe Vladimir Poutine, au cours de laquelle le président américain avait adopté une posture conciliante vis-à-vis du maître du Kremlin.

"Il est ahurissant de constater à quel point vous ne parvenez pas à faire preuve d'un minimum de décence, de civilité et de probité". "On dirait que vous ne comprendrez jamais ce que signifie être président, ni que cela exige d'être une personne bonne, décente et honnête", y accuse l'ancien chef de la CIA. "Si décourageant, si dangereux pour notre nation", écrivait Brennan.

Elle a rappelé que les anciens directeurs de la CIA possédaient l'accès aux informations secrètes afin de pouvoir conseiller leurs successeurs si nécessaire. John Brennan, ex-proche conseiller du président démocrate Barack Obama, ne pourra plus en bénéficier. "Et cela a toujours été le critère en matière de révocation d'une accréditation", a-t-il dit.

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