Gibraltar annonce qu'il va retirer son pavillon à l'Aquarius

14 Août, 2018, 01:19 | Auteur: Lynn Cook
  • GUGLIELMO MANGIAPANE  REUTERS

Le directeur du Port de Sète, l'ancien ministre communiste Jean-Claude Gayssot, a proposé lundi d'y accueillir les 141 migrants secourus vendredi par le navire Aquarius au large de la Libye, "si les autorités françaises le lui permettent", a-t-il fait savoir à l'AFP.

Dans son communiqué, Gibraltar demande par ailleurs aux ports les plus proches de " remplir leurs obligations [.] et de permettre à l'Aquarius de débarquer ". On demande à l'ensemble des États européens de trouver une solution. Les deux organisations appellent maintenant les gouvernements européens à accorder rapidement à l'Aquarius un port sûr, conformément au droit maritime international, afin qu'il puisse débarquer les personnes secourues et continuer à fournir une aide humanitaire urgente.

Gibraltar justifie sa demande par le manque de "disponibilité de ports de débarquement pour nombre de bateaux de sauvetage dans la zone italienne de sauvetage", Rome et son ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini (extrême droite), refusant l'accès des ports italiens aux navires d'ONG. À son bord, des migrants qui trouvent un peu de réconfort. Plus tard dans la journée l'Aquarius a repéré un deuxième bateau en bois surpeuplé avec 116 hommes, femmes et enfants à bord, dont 67 mineurs non accompagnés. L'Italie reste ferme " Les garde-côtes qui ont assuré le sauvetage nous ont dit qu'ils ne pouvaient pas nous donner un port sûr. Elle a été prise en charge par les garde-côtes italiens, a encore indiqué la présidente de SOS Méditerranée.

Interrogée par France info, ce lundi matin, Sophie Beau a également déclaré: "Ce n'est pas seulement un pays comme l'Espagne qui peut régler le problème seul".

Le bateau affrété par l'ONG SOS Méditerranée et opéré en partenariat avec Médecins sans Frontières (MSF) navigue dans les eaux internationales entre Malte et l'Italie en attendant de connaître sa destination. Pour l'heure, il est stationné entre l'Italie et Malte, le temps de trouver une destination où accoster.

Quatre fois déjà des pays européens, dont la France, ont accepté de se répartir des migrants: la France a accueilli 78 des 630 migrants recueillis par l'Aquarius en juin et débarqués en Espagne, 20 des 87 migrants de l'Open Arms arrivé jeudi en Espagne, 51 des 233 migrants du Lifeline arrivé à Malte fin juin et 50 des 450 migrants recueillis par des navires militaires et débarqués en Italie mi-juillet.

Le centre de coordination des secours de Malte a fait savoir dès samedi à l'Aquarius qu'il n'était pas le bienvenu sur l'île, selon le registre de communications internes du navire.

Deux mois après une première crise politique européenne, l'Aquarius est au cœur d'un nouveau bras de fer.

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