Battue, elle est expulsée de son logement pour nuisances sonores

14 Août, 2018, 22:22 | Auteur: Lynn Cook
  • Battue, elle est expulsée de son logement pour nuisances sonores

En effet, à cette époque, Élodie souffre d'une atrophie de la main après avoir contracté une fracture du poignet. "Il me faisait toujours des réflexions pour ça, il disait que j'étais fainéante, menteuse", témoigne-t-elle dans Le Parisien. "En fait, il voulait me garder que pour lui". "Un jour, enfin une nuit, il est rentré à 4 heures du matin, je dormais, il m'a insultée et après il m'a mis des claques, des coups au visage. J'ai appelé à l'aide, personne n'est venu", se souvient-elle auprès de nos confrères. Une décision qui va au final se retourner contre elle. Et un mois plus tard, après un nouvel incident, il est placé en garde à vue. Il ne reviendra pas dans le logement conjugal.

"La plainte déposée pour violence conjugale par Madame ne fait que corroborer les troubles ", est-il d'ailleurs écrit, non sans un certain cynisme, dans le jugement.

Le bailleur, lui, assume sa démarche.

Elodie estime que son mari a "changé" lorsque le couple s'est installé dans cette résidence HLM de La Garenne-Colombe, en 2016.

En mai dernier, le tribunal d'instance de Colombes a ordonné l'expulsion d'une locataire de son domicile des Hauts-de-Seine. "Celui-ci décrit une situation de véritable souffrance mais n'en tire aucune conséquence".

Soulignant le manque d'humanité du juge qui aurait pu renvoyer l'affaire le temps de trouver une solution de relogement, Me Rosset dénonce aussi l'attitude du bailleur "dont le boulot est d'accompagner les gens qui sont dans une situation difficile". "Nous avons fait appel".

"Nous avons eu de nombreuses plaintes de locataires pour le bruit et des menaces proférées par monsieur contre les résidents et la gardienne". "Comme Monsieur et Madame sont tous les deux titulaires du bail, la résiliation s'applique à eux deux", justifie le bailleur.

Victime de violences conjugales, Élodie, une mère de famille, a été priée par son bailleur et la justice de quitter son domicile.

Quand on lui demande si les voisin·e·s qui ont porté réclamation contre les cris l'ont aidé, Elodie répond: "Ben les voisins. personne ne venait me voir".

Un mot-clé sur Twitter a été lancé pour soutenir Elodie, #JesoutiensElodie, et faire pression sur le bailleur social 3F.

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