Mort de Naomi Musenga: Le paracétamol, un médicament courant mais dangereux

16 Juillet, 2018, 18:35 | Auteur: Jonathan Ford
  • Adobe Stock

Six mois après la mort de Naomi Musenga, qui n'avait pas été prise au sérieux par une opératrice du Samu en décembre 2017, les causes du décès ont été révélées: il serait dû à une "intoxication au paracétamol absorbée par automédication sur plusieurs jours". Le procureur de la République de Strasbourg, Yolande Renzi, a annoncé mercredi dans un communiqué l'ouverture prochaine d'une information judiciaire pour " non-assistance à personne en péril contre l'opératrice du centre des appels d'urgence et tous autres, ainsi que du chef d'homicide involontaire contre X.

En décembre dernier, Naomi Musenga trouvait la mort après avoir passé un appel au Samu pris à la légère par une opératrice.

La procureure a reçu mardi la famille de Naomi Musenga afin de lui présenter les conclusions de l'enquête et "répondre à leurs interrogations et incompréhensions bien légitimes dans ce contexte particulièrement douloureux".

Qu'il soit nommé Efferalgan®, Doliprane® ou Dafalgan®, le paracétamol est - de loin - la molécule la plus vendue en France.

Tout le monde a du paracétamol dans son armoire à pharmacie mais mal utilisé, ce médicament peut être dangereux voire mortel, comme le rappelle l'affaire Naomi Musenga, et est à l'origine d'une centaine de greffes de foie chaque année. Un surdosage peut entraîner la destruction totale du fois. Après leur rendez-vous avec Agnès Buzyn, la maman de Naomi a dit qu'il lui avait donné de l'espoir. "Nous pourrons avoir des réponses. C'est comme cela que se font les intoxications", a-t-il déclaré. En ce qui concerne la désagrégation des cellules du foie dont a été victime la jeune femme, ce phénomène intervient lorsque des personnes malades du foie, alcoolisées ou dénutries consomment trop de paracétamol. "Il indique également vouloir "éclairer certaines zones d'ombre" et qu'une seconde expertise est en cours: "[L'enquête judiciaire] et la contre-expertise de ceux qui sont avec nous, qui fouillent déjà le dossier" vont permettre d'"établir certains responsabilités". La jeune femme avait appelé le Samu pour se plaindre de violents maux de ventre.

Recommande: