Menaces d'attaques antimusulmans : dix membres de l'ultradroite mis en examen

28 Juin, 2018, 11:42 | Auteur: Sue Barrett
  • Les interpellations ont été conduites par les policiers du RAID

Nommé "Action des forces opérationnelles" (AFO), le mouvement de l'ultradroite mis en cause proclame son ambition de lutter contre le "péril islamiste", notamment sur le site "Guerre de France".

Les dix personnes suspectées de préparer des attaques terroristes contre des musulmans ont été déférées, mercredi 27 juin, devant un juge d'instruction en vue de leur mise en examen, a annoncé le parquet. Le groupe "essayait de recruter de nouveaux membres et d'étendre son maillage territorial", selon le ministère public. Autant d'éléments qui laissaient craindre un passage à l'acte violent et avait motivé le coup de filet réalisé dans la nuit du 23 au 24 juin dernier aux quatre coins de la France (Corse, Vienne, Charente-Maritime, Yvelines, Val d'Oise et Hauts de Seine). Le parquet de Paris avait requis le mandat de dépôt pour neuf des suspects. Les échanges interceptés par la DGSI montrent qu'ils voulaient se procurer des armes. Une grenade artisanale, des "éléments entrant dans les fabrication d'explosifs de type TATP" (eau oxygénée, acide chlorhydrique, acétone), un chiffon imbibé de cristaux non identifiés et un filtre avec de la pâte cristallisée, de la pâte blanchâtre découverte dans un bocal, ainsi que deux sachets de 6 balles de ping-pong et cinq paquets de petits pétards à mèche ont été découverts.

Parmi ces suspects figure le chef de file présumé de ce réseau, Guy S., un policier à la retraite, selon une source proche de l'enquête.

Confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), une enquête préliminaire pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle "avait d'abord été ouverte le 13 avril par le parquet de Paris". Quatre d'entre eux ont été placés en détention provisoire, quatre autres sous contrôle judiciaire.

Selon cette source, les suspects ont évoqué l'idée de s'en prendre à des musulmans condamnés dans des dossiers antiterroristes et sortant bientôt de prison, à des mosquées radicales, voire à des femmes voilées ou des supermarchés halal.

Un ancien militaire et un ex-professeur, un artisan et un employé de restaurant figuraient également parmi les interpellés, a précisé la source proche de l'enquête.

Si plusieurs indices laissent à penser que des membres de l'AFO allaient passer à des actions violentes, les contours de ces actes restent "imprécis" d'après le communiqué.

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