Kim serait-il déjà en Chine pour une troisième visite ?

21 Juin, 2018, 08:50 | Auteur: Aubrey Nash
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"Nous espérons que la Corée du Nord et les États-Unis concrétisent les résultats du sommet (de Singapour)", a déclaré Xi Jinping, cité par CCTV.

"Si les États-Unis (.) publient une liste (de produits visés), la Chine se verra dans l'obligation d'adopter une combinaison de mesures quantitatives et qualitatives en forme de représailles énergiques", a-t-il mis en garde.

Auparavant, la chaîne de télévision NHK avait fait savoir qu'un cargo nord-coréen avait transporté à Pékin des voitures qui laissaient penser à une prochaine visite d'un haut fonctionnaire.

La Corée du Nord essaierait-elle de jouer sur deux tableaux? A l'issue du sommet, quand le président américain a annoncé à la surprise générale la fin des exercices militaires conjoints avec Séoul, ce que réclame la Chine depuis longtemps, il était clair que Pékin avait imprimé sa marque sur l'événement. Pyongyang reprochait à son allié d'appliquer les sanctions internationales destinées à convaincre la Corée du Nord d'abandonner son programme nucléaire.

Fin mars, Kim Jong Un avait ainsi effectué à Pékin son premier déplacement à l'étranger depuis son arrivée au pouvoir fin 2011, avant un deuxième voyage en mai dans la ville portuaire de Dalian (nord-est de la Chine). "S'il doit y avoir un règlement fructueux entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, la Chine doit être impliquée", souligne Charlie Parton, ancien diplomate qui travaille au cabinet d'études britannique Royal United Services Institute (RUSI).

Durant son premier entretien mardi avec Xi Jinping, M. Kim avait "exprimé sa détermination et sa volonté de développer davantage les relations étroites d'amitié, d'unité et de coopération", d'après l'agence nord-coréenne KCNA. "La dénucléarisation complète de la péninsule et l'instauration d'un mécanisme de paix pour la péninsule sont conformes aux revendications constantes de Pékin".

Xi Jinping a, lui, appelé la Corée du Nord et les États-Unis à "concrétiser" l'accord obtenu à Singapour.

Donald Trump de son côté a même laissé entendre que les milliers de soldats américains stationnés en Corée du Sud pourraient à terme quitter le pays. Mais, ne pouvant ignorer les tirs de missiles balistiques et les essais nucléaires de 2017, Pékin a choisi de soutenir les sanctions de l'ONU, mettant le holà aux exportations nord-coréennes de charbon, textile et autres marchandises.

Ce serait l'une des premières conséquences concrètes du sommet de Singapour.

La Chine et les États-Unis sont plus proches que jamais d'une guerre commerciale.

L'effondrement du bloc soviétique au début des années 1990 a jusqu'ici dissuadé Pyongyang d'ouvrir son économie, même si le régime tolère désormais les entrepreneurs privés.

"Il n'y a eu aucun progrès en dépit des efforts du président et de son équipe", a-t-il également commenté tout en assurant que les relations entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping étaient toujours très bonnes. "On ne peut pas ignorer une puissance énorme qui partage une frontière terrestre avec la Corée du Nord et qui est déterminée à mettre son nez dans ses affaires".

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