Familles de migrants séparées : Trump rétropédale

21 Juin, 2018, 06:35 | Auteur: Lynn Cook

Changement de position de Donald Trump: le président des Etats-Unis a annoncé mercredi 20 juin, lors d'une rencontre avec des élus républicains à la Maison Blanche, qu'il allait signer " quelque chose " pour éviter la séparation des familles de migrants ayant franchi illégalement la frontière avec le Mexique, sans plus de précisions. Auparavant, les sans-papiers ne pouvaient pas être séparés de leurs enfants, et ne pouvaient donc pas être emprisonnés.

Ces derniers ont été priés d'avancer sur la réforme de l'immigration.

Parmi ses autres exigences: la construction du mur à la frontière mexicaine et la limitation de l'immigration légale. Plus tard, quand les parents demandent où sont leurs enfants, on leur dit qu'ils ne les reverront pas.

Mais compte tenu des divisions internes, l'issue de ce vote sur un sujet explosif reste toutefois plus qu'incertaine. Selon les sondages, deux tiers des Américains se déclarent défavorables à cette politique, tandis que la majorité des républicains se déclare pour. "Nous voulons garder les familles ensemble", a-t-il dit, ajoutant qu'il espérait que le texte serait suivi par une loi.

"L'administration a le pouvoir d'y mettre un terme". Or toutes les voix comptent pour les républicains qui ne disposent que d'une très maigre majorité au Sénat (51-49).

Dans ce contexte électoral, le président républicain insiste que la faute revient surtout à l'opposition.

" Les démocrates sont le problème". Dans le même temps, il caractérise plus ou moins implicitement les enfants séparés de complices de criminels étrangers: "Les enfants sont utilisés par les pires criminels de la planète pour entrer dans notre pays". "Monsieur le président, vous avez pourtant des enfants!"

Signe des divisions politiques, les parlementaires démocrates ont présenté au Congrès leur propre loi visant à interdire les séparations d'enfants, sauf en cas de trafic ou de maltraitance avéré. "C'est la faute des démocrates qui sont faibles et inefficaces sur la sécurité aux frontières et la criminalité".

"Libérez nos enfants", "l'Histoire vous juge": de Washington à El Paso, à la frontière mexicaine, plusieurs manifestations étaient organisées mardi pour dénoncer les séparations, également critiquées d'influents dirigeants religieux et de grandes entreprises américaines. " Tolérance zéro " Depuis l'annonce de la politique américaine de " tolérance zéro " début mai, 2 342 enfants et jeunes migrants ont été séparés de leurs familles (du 5 mai au 9 juin), selon les nouveaux chiffres officiels".

Bien que l'ONU ait qualifié la pratique d'"inadmissible ", de "cruelle " et d'" inhumaine " aux yeux du Mexique, et qu'une partie de l'opinion publique américaine continue de manifester son indignation, le président américain demeurait jusqu'à présent intraitable. Des mots retweetés pas une autre ancienne occupante de la Maison Blanche, Michelle Obama.

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