Face-à-face lundi entre les syndicats et le Premier ministre — SNCF

07 Mai, 2018, 08:57 | Auteur: Lynn Cook
  • Philippe Martinez et Laurent Brun de la CGT à Matignon

Vendredi, au troisième jour du séminaire gouvernemental dans le Cher, Edouard Philippe est revenu sur la réforme de la SNCF, alors qu'il doit rencontrer les syndicats dès lundi à Matignon. Le Premier ministre recevra à partir de 8 heures les fédérations de cheminots, accompagnées de leurs responsables confédéraux. Dans l'après-midi, le patronat du rail, la direction de la SNCF, des associations d'usagers et des représentants des Régions seront reçus tour à tour par le Premier ministre et Élisabeth Borne, ministre des Transports.

Du côté syndical, la CGT-Cheminots campe sur sa position: "on voit bien qu'on n'est pas dans la conclusion du conflit", qui est entré dans son deuxième mois, puisque Édouard Philippe "reste sur des positions extrêmement dures", mais les cheminots sont "déterminés à aller au bout", a prévenu Laurent Brun (CGT Cheminots) la semaine dernière. Il n'est pas question de remettre en cause les principes de la réforme votée à l'Assemblée nationale: le gouvernement ne reculera ni sur la fin de l'embauche au statut pour les cheminots, ni sur l'ouverture à la concurrence ou sur la réorganisation de l'entreprise. Ces trois sujets ne sont "pas négociables" car "c'est ce qui fera le succès du service public ferroviaire demain", a insisté dimanche sur BFM-TV le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire. "Si Laurent Berger, n°1 de la CFDT, voit dans le rendez-vous de ce lundi " un acte d'ouverture", il réclame, dans un entretien aux " Échos ", " des engagements clairs " sur la reprise de la dette, la politique d'investissement de l'État et " la garantie " d'une " convention collective de haut niveau ". Et ceci d'autant plus, rappelle Edouard Philippe, que " l'Assemblée nationale s'est prononcée et a voté à une écrasante majorité le projet de loi qu'on lui proposait ". Une main " tendue mais ferme " selon Matignon, qui entend discuter de la dette, sans toucher à la réforme. Mais "il y a des choses à discuter", assure Edouard Philippe, sur la reprise de la dette de l'entreprise ferroviaire par l'Etat notamment. "En cas d'échec " à Matignon, les syndicats lanceront une " journée sans cheminots, sans train " le 14 mai, a rappelé la CFDT-Cheminots (4e), qui veut " une profonde et sincère négociation " pour " sortir de l'impasse ". Elle devrait se poursuivre à Montparnasse à la mi-journée. Si le trafic s'améliore avec près de 85% des vols maintenus lundi, en raison d'une mobilisation déclinante chez les pilotes, l'avenir reste incertain.

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