Le candidat de l'opposition remporte la présidentielle — Sierra Leone

06 Avril, 2018, 01:39 | Auteur: Lynn Cook
  • Julius Maada Bio le 31 mars 2018

Il l'a remporté avec 51,81% des voix, contre 48,19 % pour son adversaire, Samura Kamara, le candidat du parti au pouvoir. "Nous remercions Dieu le Tout-Puissant et merci au peuple de Sierra-Leone", a déclaré l'ancien militaire, dans des propos rapportés par RFI. Déjà candidat en 2012 pour le Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP, opposition), il avait été battu par l'actuel président, Ernest Bai Koroma, qui ne pouvait plus se représenter après deux mandats.

Deux heures après l'annonce de sa victoire, M. Bio, habillé d'une longue tunique blanche, a prêté serment dans une salle de conférence, bondée et surexcitée, d'un grand hôtel proche de l'océan où l'attendaient des centaines de proches, représentants des corps de l'État et diplomates étrangers.

Dans une allocution télévisée, Kamara le perdant, a déclaré: " Nous contestons les résultats et nous prendrons des mesures légales pour les corriger ", ajoutant que les résultats " ne reflètent pas les nombreuses inquiétudes du parti concernant le bourrage massif des urnes, les votes surnuméraires et autres irrégularités ".

Bio faisait partie d'un groupe de jeunes soldats derrière le coup d'Etat de 1992 qui allait installer leur chef, Valentine Strasser, qui fut une des plus jeune chef d'Etat du monde, à l'âge de 25 ans.

Julius Maada Bio, 53 ans, hérite d'un pays tout à fait différent de ce qu'il était lorsqu'il accéda au pouvoir, pour la première fois, en 1996.

L'administration Koroma quitte le pouvoir avec un un bilan mitigé. Pendant la campagne électorale, il a accusé l'APC d'utiliser la police pour intimider ses militants, ce que les policiers ont démenti en faisant état d'une série d'attaques contre les candidats et les partisans des deux camps depuis le premier tour de l'élection.

Julius Maada Bio remporte un scrutin présidentiel marqué par un débat houleux et des violences sporadiques.

Mais il avait rétabli rapidement le multipartisme et accepté de remettre le pouvoir en mars 1996 au président fraîchement élu, Ahmad Tejan Kabbah.

Parmi les engagements annoncés durant la campagne figurent non seulement la révision des contrats miniers, mais aussi les avantages fiscaux accordés aux compagnies étrangères et la nécessité d'instaurer une éducation primaire et secondaire gratuite pour les enfants sierra-léonais.

Connu pour son franc-parler, il a qualifié d'"arnaques" les projets d'infrastructures financés par la Chine que privilégie le parti au pouvoir.

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