La Turquie refuse toute médiation française avec une force arabo-kurde — Syrie

31 Mars, 2018, 04:41 | Auteur: Lynn Cook

Le président turc s'est opposé à l'assistance offerte par Emmanuel Macron dans le conflit d'Afrine, en vue d'établir un dialogue entre les FDS et la Turquie.

Menaçant, Recep Tayyip Erdoğan a déclaré que si la France ne faisait pas machine arrière, elle ne manquerait pas de subir sur son territoire les conséquences de sa politique; une menace qui n'est pas sans rappeler celle qu'il prononça avant les attentats de Paris et de Bruxelles. La Turquie se plaint depuis longtemps du soutien américain au SDF, parmi un certain nombre d'irritants pour les liens avec la principale puissance de l'OTAN. Juste avant, son vice-Premier ministre, Bekir Bozdag, avait lui aussi vivement critiqué la France. Depuis quand la Turquie veut-elle s'asseoir à la table d'une organisation terroriste? Un revirement dont les Kurdes ont tellement rêvé qu'ils en ont sans doute fait leur réalité après avoir rencontré Emmanuel Macron jeudi.

Cette montée de tension, sur fond de dialogue de plus en plus difficile entre Ankara et l'Occident, survient alors que la situation est particulièrement volatile dans le nord de la Syrie, où les intérêts de plusieurs acteurs internationaux et non-étatiques s'entrechoquent.

► Qui sont les Forces démocratiques syriennes?

L'opération Afrin a déjà attiré la critique internationale, notamment de la part de Macron.

"Nous n'avons aucune intention de blesser les soldats des nations alliées, mais nous ne pouvons pas permettre aux terroristes de se déplacer librement (dans le nord de la Syrie)", a déclaré Erdogan. Les forces kurdes, qui forment l'ossature des Forces démocratiques syriennes, ont fourni le gros des troupes au sol engagées contre l'organisation État Islamique depuis 2015.

M. Erdogan a par ailleurs déclaré que M. Macron avait tenu des "propos très étranges" lors d'un entretien téléphonique récent consacré à la Syrie.

La présidence française a aussi affirmé vendredi que Paris ne prévoyait pas de "nouvelle opération militaire dans le nord de la Syrie en dehors de la coalition internationale".

► Pourquoi la médiation entre Ankara et les FDS a-t-elle été rejetée par la Turquie?

"Ne vous engagez pas dans des choses au-delà de vous, nous n'avons pas besoin d'un médiateur", a-t-il dit, répondant à l'offre française dans les remarques faites aux membres de son parti AK au pouvoir à Ankara. "La France a été à la hauteur de son engagement dans la lutte contre le terrorisme". Puis, en janvier 2017, François Hollande, toujours président à l'époque, s'était rendu sur place pour rencontrer à Erbil, au Kurdistan irakien, les militaires français conseillant les peshmergas kurdes, alors à l'œuvre dans la reprise de Mossoul face à Daech.

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