La police prête à arrêter l'ancien président catalan Puigdemont — Finlande

25 Mars, 2018, 00:23 | Auteur: Lynn Cook
  • Le leader catalan Carles Puigdemont à Helsinki en Finlande le 23 mars 2018

L'ex-président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, qui risquait d'être arrêté en Finlande en vertu d'un mandat international émis par l'Espagne, a quitté Helsinki vendredi pour Bruxelles, où il vit en exil volontaire, a annoncé un député finlandais.

"Je confirme que le président Puigdemont n'est plus en Finlande", a twitté dans la soirée son avocat Jaume Alonso Cuevillas, sans préciser où se trouvait l'indépendantiste.

Vendredi 23 mars, un juge du Tribunal suprême d'Espagne, Pablo Llarena, a relancé les mandats d'arrêt européens contre Carles Puigdemont, les anciens conseillers de la Généralité Toni Comin, Meritxell Serret et Lluis Puig, résidant en Belgique, ainsi que contre Clara Ponsati, réfugiée au Royaume-Uni, et contre Marta Rovira, la secrétaire générale de la Gauche républicaine de Catalogne qui ne s'est pas présentée vendredi devant le Tribunal et serait en Suisse, selon des médias espagnols.

"La Finlande a reçu un mandat d'arrêt européen pour un citoyen espagnol en visite en Finlande".

"A la demande de notre procureur, nous avons contacté les autorités espagnoles pour demander des informations supplémentaires" concernant ce mandat, a indiqué à l'AFP un responsable du Bureau national finlandais des enquêtes criminelles, Hannu Kautto.

La police finlandaise n'a aucune obligation d'arrêter Carles Puigdemont tant qu'elle n'aura pas reçu ces informations supplémentaires, a expliqué ce responsable. "Je ne lui ai pas encore parlé mais c'est clair, oui", a ajouté l'avocat.

"Le candidat à la présidence de la Generalitat (exécutif catalan) est en prison avec d'autres députés de cette chambre", a constaté le président du parlement catalan, Roger Torrent, à l'ouverture des débats qui auraient dû aboutir à la désignation du nouveau chef de l'exécutif régional.

Neuf sont désormais en détention préventive et six autres font l'objet de mandats d'arrêt internationaux après être partis à l'étranger, dont M. Puigdemont. "Il est évident que dans ces conditions la session ne peut pas avoir lieu".

Dans le cas de M. Turull, un premier vote d'investiture avait eu lieu jeudi, mais il n'avait pas réussi à l'emporter faute de l'appui du parti séparatiste le plus radical. Il devait se soumettre ce samedi à un deuxième vote.

Les décisions de la Cour suprême sont un coup très dur pour les dirigeants indépendantistes: au total, 25 d'entre eux seront jugés pour rébellion, malversation et désobéissance.

Les poursuites pour rébellion visent 13 personnes, dont d'anciens ministres régionaux, des parlementaires et des dirigeants d'associations séparatistes. Et tant qu'un président régional ne sera pas désigné, la Catalogne restera sous la tutelle de Madrid, qui a pris cette mesure après la déclaration d'indépendance mort-née du 27 octobre.

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