La participation, unique enjeu — Présidentielle russe

19 Mars, 2018, 04:05 | Auteur: Lynn Cook
  • Boris Johnson

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"Il n'y aura pas de surprise dans cette élection, mais nous devons parler à tout le monde".

L'opposition russe, et en premier lieu l'adversaire principal à Vladimir Poutine, Alexeï Navalny, a accusé le Kremlin d'avoir fait gonfler la participation par de nombreuses fraudes, en bourrant les urnes ou en organisant le transport massif d'électeurs vers les bureaux de vote.

Les Russes votent dimanche pour une présidentielle qui devrait sacrer le triomphe de Vladimir Poutine, pour qui une victoire le placerait à la tête de la Russie jusqu'en 2024. Ce résultat est le meilleur jamais obtenu par Vladimir Poutine en 18 ans de pouvoir.

Le taux de participation était de presque 60% à 15H00 GMT, trois heures avant la fermeture des bureaux de vote, selon la Commission électorale centrale (CEC).

Est-ce que l'enjeu de cette élection pour Vladimir Poutine est son score?

Des militants de l'opposition ont fait par exemple état dimanche d'électeurs amenés en bus dans les bureaux de vote par la police ou de coupons de réductions pour des produits alimentaires distribués aux Russes se rendant aux urnes. "Ils ont besoin de participation. Le résultat, c'est que la victoire de Poutine avec plus de 70% (des voix) a été décidée d'avance", a expliqué à la presse Alexeï Navalny. "Nous allons continuer de le faire", a-t-il prévenu.

En début d'après-midi, l'ONG Golos, spécialisée dans la surveillance des élections faisait état de 2255 irrégularités, tels que bourrages d'urnes, votes multiples ou entraves au travail des observateurs.

Symboliquement, le scrutin de dimanche se tient quatre ans jour pour jour après la ratification du rattachement de la péninsule ukrainienne de Crimée à la Russie, décidé à l'issue d'un référendum jugé illégal par Kiev et les Occidentaux.

À l'étranger, Kiev a décidé de bloquer le vote des électeurs russes résidant en Ukraine pour protester contre la tenue de la présidentielle en Crimée, péninsule annexée par Moscou en 2014.

S'il séduit parmi les classes moyennes des grandes villes russes, le discours très protestataire de Navalny, bien que teinté de populisme anti-élites mâtiné de nationalisme anti-immigrés, n'a pas (encore?) la portée nationale qui lui permettrait de gagner les voix des catégories sociales (plus âgées, plus modestes et plus provinciales) qui, en Russie, votent plus - c'est l'inverse de la France - que les "bobos " des métropoles.

Assuré de la réélection de Vladimir Poutine, le Kremlin a tout fait pour que la participation, seul véritable baromètre de ce scrutin, soit aussi forte que possible dimanche.

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