Macron annonce l'interdiction des peines de prison d'un mois — Réforme pénitentiaire

07 Mars, 2018, 09:21 | Auteur: Lynn Cook
  • Le président de la République Emmanuel Macron prononce un discours à la Cour de cassation à Paris le 15 janvier 2018

Le président français Emmanuel Macron a dévoilé mardi son plan prison, dans le contexte de la détérioration de l'insécurité carcérale et de la colère des surveillants. En visite à l'école nationale d'administration pénitentiaire, à Agen (Tarn-et-Garonne), mardi 6 mars, le chef de l'Etat doit dévoiler les contours de sa future "refondation" pénale. Le chef de l'État, lors d'un discours devant les élèves de l'École nationale d'administration pénitentiaire, à Agen, a expliqué qu'il proposait une troisième voie entre "laxisme " et "répression", en dénonçant des prisons qui "déshumanisent " et sont des "écoles du crime ".

"Il y aurait d'un côté les laxistes qui voudraient que personne ne soit puni, et de l'autre, les vrais durs qui seraient pour emprisonner les gens". Les petites peines de moins d'un mois vont disparaître, car jugées moins efficaces. Le juge devra dûment motiver sa décision s'il décide malgré tout un emprisonnement. Les peines seront alors remplacées par des amendes ou d'autres mesures pénales. Seront aussi créées de nouvelles peines autonomes comme le bracelet électronique à domicile. L'entourage présidentiel y voit une manière de rompre avec l'idée que des peines prononcées ne sont pas exécutées.

Elles concernent environ 10.000 personnes par an: les peines "supérieures ou égales à un mois" seront désormais "proscrites car elles ne servent à rien", a indiqué le président de la République.

S'il n'est pas revenu sur sa promesse d'accroître de 15.000 les places de prisons alors que la surpopulation carcérale atteint 120% en moyenne dans les 188 prisons françaises, avec des pics à plus de 200% dans certains établissements de la région parisienne, Emmanuel Macron a annoncé la création de 1.500 postes de conseillers de réinsertion.

" On a essayé de m'expliquer pourquoi les détenus ne pouvaient pas voter".

"La différence entre les peines prononcées et les peines réelles est devenu incompréhensible pour nos concitoyens et au premier chef pour les victimes". Mais c'est aussi des conditions de détention indignes, synonymes d'une prison qui manque à son devoir de protéger la société: " On fait de la prison l'antichambre de la récidive, (...) un lieu où la violence que l'on devait endiguer et apaiser fermente et se multiplie.

Il souhaite que le juge favorise des peines alternatives plus variées et s'assure de leur exécution immédiate, plutôt que de laisser ce rôle au juge d'application des peines.

Les mesures présentées ici constituent ce qu'Emmanuel Macron appelle le "premier pilier" de la transformation du système actuel, à savoir "l'effectivité des peines".

Les axes retenus pour ces chantiers, qui aboutiront en avril à un projet de loi, devraient être présentés mercredi en conseil des ministres par la ministre de la Justice.

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