Législatives en Italie : l'extrême droite rafle la mise

05 Mars, 2018, 14:09 | Auteur: Lynn Cook
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La donnée de base, c'est donc un pays dont une nette majorité de citoyens considère qu'il va très mal - d'où une énorme volonté de changement qui donne une prime à tout ce qui parait nouveau et radical.

Les populistes du Mouvement 5 étoiles (M5S) confirment de leur côté leur montée en puissance, devenant le premier parti en Italie avec un score compris entre 28 et 32%. "L'Union européenne va passer une mauvaise soirée", a commenté dimanche soir sur Twitter, la présidente du front national français, Marine Le Pen. Son allié d'extrême droite, la Ligue de Matteo Salvini, a les mêmes résultats que son propre parti, Forza Italia.

La Ligue a martelé tout au long d'une campagne émaillé d'incidents violents, un discours anti-immigration et méfiant à l'égard de "Bruxelles", qui semble avoir porté, dans un pays qui a accueilli 690.000 migrants depuis 2013 et où l'euroscepticisme a le vent en poupe.

Désormais, "tout le monde devra parler avec nous", s'est réjoui l'un de ses dirigeants, Alessandro Di Battista, après une campagne dirigée contre la corruption et la "caste" politique italienne.

Silvio Berlusconi, qui s'était présenté en Europe comme le seul rempart contre les populistes, est en tout cas proche d'avoir perdu son pari. Nigel Farage, ex-chef de l'Ukip, parti pro-Brexit en Grande-Bretagne, a d'ailleurs félicité sur Twitter ses "collègues" du M5S.

Le Mouvement 5 étoiles continue son essor.

Ces chiffres sont toutefois à prendre avec précaution, compte tenu de la complexité du mode de scrutin pour l'élection de la Chambre des députés et du Sénat. La nouvelle loi électorale mélange les systèmes proportionnel et majoritaire, et ces estimations ne permettent donc pas de donner une idée précise de la composition des deux chambres. Les bureaux de vote ont fermé à 23H00 (22H00 GMT) et les premiers résultats officiels ne sont pas attendus avant tard dans la nuit.

Matteo Salvini, chef de file de la Ligue (extrême droite), a affirmé lundi que son parti avait "le droit et le devoir de gouverner" après être arrivé en tête des formations de la coalition de centre-droit lors des élections législatives en Italie. La coalition de gauche obtient un peu plus de 23%, selon des résultats encore partiels.

Il appartiendra au président italien, Sergio Mattarella, de démêler l'écheveau de ces résultats, dans les semaines qui suivent, et de confier un "mandat exploratoire" à celui ou celle qui lui paraitra en mesure d'obtenir une majorité devant le Parlement. Mais ces consultations politiques officielles ne s'ouvriront pas avant la fin du mois au plus tôt, après l'élection des présidents des deux chambres, ouvrant une nouvelle période d'instabilité en Italie, qui pourrait déboucher à terme sur de nouvelles élections.

Si le gagnant de ces législatives ne se dessine pas clairement, le visage du perdant est lui bien clair: c'est l'Europe.

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