Les Etats-Unis opposés à un système de vote électronique — Elections RDC

15 Février, 2018, 08:21 | Auteur: Lynn Cook
  • RDC She Okitundu secoué par l’ambassadeur américain Nikki Haley

Les Etats-Unis ont affirmé lundi leur opposition à un système électronique de vote pour la triple élection du 23 décembre en République démocratique du Congo, sept membres du Conseil de sécurité pressant le président Joseph Kabila d'annoncer qu'il ne sera pas candidat.

Nikki Haley, ambassadeur des États-Unis auprès de l'ONU, a dit avoir personnellement remis à Joseph Kabila, lors de sa visite à Kinshasa en octobre dernier, la liste de personnes devant faire l'objet d'une enquête dans le cadre de ce double homicide. "Nous sommes très préoccupés de voir l'insistance (en RDC) à vouloir utiliser un système électronique de vote" pour les scrutins présidentiel, législatif et provincial de décembre, avait lancé l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley.

La diplomate américaine a estimé que ce recours constitue un risque important, avant de déclarer que son gouvernement prône l'utilisation de "bulletins papier pour qu'il n'y ait pas de doutes sur le résultat ". "Sans machine à voter, il n'y aura pas d'élections le 23 décembre 2018", a déclaré Corneille Nangaa, président de la commission électorale nationale indépendante (Céni), interrogé sur la position des États-Unis qui se sont opposés, la veille, à l'utilisation d'un système électronique de vote en RDC.

"L'option prise de recourir à la machine à voter permet de réduire le poids de l'ensemble des matériels à déployer de 16.000 tonnes à moins de 8.000 tonnes", a poursuivi M. Nangaa. Et grâce au recours à la machine à voter, les coûts des scrutins ont pu être réduits de 554 millions de dollars à environ 432 millions, a-t-il encore fait valoir.

L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch a évoqué "la crainte de fraudes lors des élections", en réclamant de la "transparence".

Mais avant, les États-Unis exigent des autorités congolaises la libération des prisonniers politiques et une garanties du respect des libertés d'expression et de réunion, alors que l'opposition, aidée de l'Église catholique, a renouvelé les marches de protestation dans la capitale Kinshasa.

Les deux précédentes marches organisées, le 31 décembre 2017 et 21 janvier 2018, avaient été interdites et réprimées à balles réelles. "Et c'est une liste très sérieuse en référence à la mort de ces deux personnes", à déclaré Nikki Haley.

Va-t-on vers un nouveau report de ces élections? Il a justifié la non-tenue d'élections fin 2016 par des problèmes de sécurité.

La RDC est minée par une crise aggravée par le maintien au pouvoir du président Kabila dont le second mandat a pris fin le 20 décembre 2016. En effet, le 23 décembre 2018, il est prévu un triple scrutin qui prendra en compte l'élection présidentielle pour trouver un remplaçant à Joseph Kabila et les législatives et les provinciales.

Recommande: