" "91 opposants à l'offensive militaire à Afrin interpellés pour " propagande terroriste " — Turquie

24 Janvier, 2018, 11:28 | Auteur: Lynn Cook

Il n'en fallait pas plus pour que le président Recep Tayyip Erdogan qui avait menacé le 14 janvier de lancer une offensive contre la localité d'Afrin de donner l'ordre à l'armée turque qui a lancé le 19 janvier dernier des frappes contre des positions kurdes sur le sol syrien.

"L'opération à Afrin a commencé sur le terrain et une autre à Manbij suivra", a-t-il déclaré lors d'un discours télévisé prononcé dans la province de Kütahya, sur la mer Egee.

Dans la journée, des soldats turcs et des rebelles syriens pro-Ankara ont lancé un nouvel assaut contre les YPG depuis la ville d'Azaz, à une vingtaine de km à l'est d'Afrine, selon l'agence de presse étatique turque Anadolu. Or le Pkk, en guérilla contre les forces turques depuis 1984, est classé comme organisation terroriste par Ankara, mais aussi par une bonne partie de la communauté internationale, dont les Etats-Unis et l'Union européenne.

L'opération militaire Rameau d'olivier, dans la zone relativement calme d'Afrin, n'aurait pas pu être lancée sans l'accord tacite de la Russie. Le chef de l'Etat turc a également critiqué les Etats-Unis, alors que les relations entre Ankara et Washington, partenaires au sein de l'Otan, n'ont cessé de se dégrader au cours des derniers mois. Le projet de cette force frontalière a suscité la colère d'Ankara.

Une opération "contre les organisations terroristes".

Selon la chaîne de télévision publique TRT, le procureur général de Van (sud-est) a ouvert une enquête contre quatre députés du principal parti prokurde de Turquie, le HDP, qui avaient appelé sur Twitter à manifester contre l'offensive turque.

Les forces armées turques sont entrées dimanche dans l'enclave syrienne d'Afrin, a annoncé le commandement turc, tandis que l'artillerie poursuivait le pilonnage des positions tenues par les miliciens kurdes des YPG.

Le président turc a déclaré que la Turquie agissait en accord avec la Russie dans le cadre de son opération " Rameau d'Olivier " contre les Kurdes dans le nord-est de la Syrie.

Alors que le président turc a réaffirmé sa détermination à poursuivre sa guerre d'agression à Afrine, le Conseil de sécurité de l'ONU est convoqué pour statuer sur le sujet. "Étape par étape, nous débarrasserons notre pays jusqu'à la frontière irakienne de cette croûte de terreur qui essaie de nous assiéger", a affirmé Recep Tayyip Erdogan.

"L'opération vise à libérer la zone de tout type de terrorisme et protéger les civils, arabes et kurdes", a indiqué Yasser Abdelrahim, membre du centre des opérations conjointes de cette opération. Le département d'Etat américain a comme Jiim Mattis évoqué les "préoccupations légitimes (de la Turquie) en matière de sécurité", tout en appelant Ankara à "faire preuve de retenue" en Syrie.

Les YPG ont été un allié de poids de la coalition anti-jihadistes en Syrie, étant à la pointe de l'éviction du groupe Etat islamique (EI) de son bastion de Raqa.

Depuis le début de l'offensive turque, samedi, les observateurs s'interrogent sur de potentielles conséquences sur le processus de paix en Syrie, en particulier sur un "Congrès du dialogue national syrien" qui doit se tenir en Russie le 30 janvier.

Reste l'inconnue militaire: si le rapport des forces est à l'évidence favorable aux Turcs, il reste que les combattants Kurdes sont aguerris et motivés:"Nous avons déjà vaincu les gangs de l'État turc avant et nous allons les vaincre à nouveau maintenant", annonçait Axin Efrin, la commandante des YPJ, la branche féminine de l'YPG.

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