Autriche : l'extrême droite entre au gouvernement et obtient trois ministères régaliens

17 Décembre, 2017, 02:08 | Auteur: Lynn Cook
  • LE FPÖ OBTIENT 3 PORTEFEUILLES RÉGALIENS AU GOUVERNEMENT AUTRICHIEN

Un porte-parole de l'ÖVP, le parti conservateur de Sebastian Kurz, a confirmé samedi en début d'après-midi que le FPÖ obtiendrait, entre autres, les portefeuilles des Affaires étrangères, de l'Intérieur et de la Défense.

La nouvelle majorité a "un engagement européen clair, avec l'objectif de renforcer la subsidiarité" au sein de l'UE, a déclaré le futur chancelier conservateur Sebastian Kurz au cours de la présentation de son programme de gouvernement aux côtés du dirigeant d'extrême droite Heinz-Christian Strache (FPÖ) à Vienne.

Heinz-Christian Strache assumera pour sa part les fonctions de vice-chancelier et sera également chargé de la Fonction publique et des Sports. L'Intérieur et les Affaires étrangères avaient jusqu'à présent toujours échappé à cette formation.

Sébastian Kurz, lui, a dévoilé que son ministre des Finances serait Hartwig Löger qui, à 52 ans, dirige la branche autrichienne du groupe d'assurances Uniqa.

Herbert Kickl est ainsi nommé à l'Intérieur, Mario Kunasek à la Défense, et l'experte en droit international Karin Kneissl, même si elle n'a pas la carte du parti, sera ministre des Affaires étrangères sous l'étiquette FPÖ.

Sur un total de 14 membres du gouvernement, huit ont été nommés par l'ÖVP du futur chancelier Sebastian Kurz, et six par le FPÖ.

L'ÖVP a remporté les élections législatives du 15 octobre avec 31,5 % des voix, après une campagne centrée sur la lutte contre l'immigration.

En outre, le pacte de gouvernement conclu entre la droite et l'extrême droite "exclut" qu'un référendum sur une éventuelle sortie de l'UE puisse être organisé.

Si le FPÖ, qui prône davantage de démocratie directe, a dû accepter d'exclure d'un éventuel référendum la question de l'appartenance de l'Autriche à l'UE, Kurz et Strache sont en revanche d'accord pour s'opposer à une plus grande intégration européenne, notamment sur les questions sociales. Un scénario peu susceptible de se reproduire aujourd'hui, alors que les partis anti-immigration ou antisystème ont renforcé leur position sur tout le continent.

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