Comment la France parraine une sortie de crise dans l'affaire Hariri

22 Novembre, 2017, 01:16 | Auteur: Lynn Cook
  • Comment la France parraine une sortie de crise dans l'affaire Hariri

Saad Hariri, le premier ministre libanais démissionnaire, confiné à Riyad depuis dix jours, a accepté l'invitation qu'Emmanuel Macron lui a transmise à venir en France.

Le séjour prolongé de Saad Hariri en Arabie Saoudite et le fait qu'il ne soit pas revenu au Liban pour remettre par écrit sa démission au président de la République comme le veut la tradition a fait l'objet d'intenses spéculations.

Auparavant, la présidence française avait indiqué que M. Macron avait tour à tour discuté au téléphone avec les présidents libanais Michel Aoun, américain Donald Trump et égyptien Abdel Fatah al-Sissi, puis avec le prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohamed ben Salmane, et avec le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

Ryad a décidé de rappeler son ambassadeur en Allemagne pour protester contre des déclarations du ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, qui avait laissé entendre que M. Hariri subirait l'influence de Ryad, a annoncé samedi l'agence officielle saoudienne SPA.

Le premier ministre libanais, qui a déclaré sa démission le 4 novembre dernier, est attendu à Paris samedi pour établir une feuille de route afin de consolider une sortie de crise, avant de s'envoler pour le Liban. Le fait qu'il reste en Arabie Saoudite avait soulevé de nombreuses questions. Le président Michel Aoun l'avait qualifié d' " otage " de l'Arabie saoudite.

"Le président a reçu ce matin un appel téléphonique de M. Hariri l'informant qu'il se rendra au Liban pour participer à la célébration de la Fête de l'indépendance", a indiqué la présidence libanaise sur Twitter. "Ces déclarations sont hasardeuses, fondées sur des informations erronées et ne servent pas la stabilité dans la région", a déclaré le ministère saoudien des Affaires étrangères.

En annonçant sa démission, M. Hariri avait invoqué la "mainmise" du Hezbollah - membre du gouvernement et soutenu par l'Iran - sur la vie politique au Liban, et des craintes pour sa vie, au moment où Ryad, soutenu par les Etats-Unis, fulminait contre les ingérences prêtées au rival iranien dans la région.

Détenteur de la nationalité saoudienne, Saad Hariri, 47 ans, possède une résidence à Ryad où sa famille est installée.

Au Liban, M. Aoun a affirmé qu'il attendrait le retour de M. Hariri de Paris pour discuter de sa démission.

Le ministre libanais des Affaires étrangères, Gebrane Bassil, a prévenu jeudi qu'en cas d'ingérence étrangère, son pays risquait de connaître le même sort que la Syrie voisine, ravagée par une guerre civile complexe et où l'implication militaire du Hezbollah auprès du régime divise le Liban. La France, ancien pays mandataire du Liban, a invité le dirigeant libanais pour lui apporter son soutien.

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