126 millions d'Américains ont pu voir des messages russes — Facebook

01 Novembre, 2017, 01:01 | Auteur: Lynn Cook

Devant le Sénat américain, les réseaux sociaux Twitter et Facebook ont l'occasion de présenter leurs preuves sur les publications informatiques "liées à la Russie" au sujet de l'élection présidentielle US. Plusieurs commissions parlementaires doivent auditionner des représentants de ces trois entreprises mardi et mercredi. Pour rappel, le réseaux social avait indiqué début octobre qu'environ "10 millions de personnes aux Etats-Unis" avaient visionné des contenus sponsorisés ("ads") financés par près de 500 comptes activés depuis la Russie et qui avaient pu servir à manipuler l'opinion, principalement en attisant les clivages idéologiques au sein de la société américaine.

Mais le réseau social s'apprête lui-même à souligner la fragilité de cette défense en révélant au Sénat, lors de son audition du 1er novembre, que plus de 126 millions d'Américains ont été exposés à ces publications volontairement trompeuses ou porteuses d'un message politique clivant entre janvier 2015 et août 2017.

Outre les "ads", Facebook a relevé que cet organisme basé à Saint-Pétersbourg avait également diffusé des contenus non payants - des "posts" traditionnels - qui ont atteint un nombre beaucoup plus important d'utilisateurs, selon le témoignage écrit préparé par Facebook en vue de ses auditions au Congrès, et cité par le Wall Street Journal et le Washington Post, lundi.

En parallèle, Twitter a détecté et suspendu 2.752 comptes liés à des acteurs russes et en particulier à l'Internet Research Agency, une organisation russe de propagande, a-t-on appris de source proche du dossier confié aux parlementaires. "Nous avons trouvé des preuves de tentatives de détournement de nos plateformes pendant l'élection américaine de 2016 par des acteurs liés à l'Internet Research Agency en Russie", écrit Google, qui parle "d'activité limitée" sur le moteur de recherche et sa plateforme vidéo YouTube. Si ces statistiques sont confirmées par Facebook, elles seraient particulièrement inquiétantes sur la force de frappe qu'elles ont pu avoir dans les mois ayant précédé et suivi l'élection présidentielle de novembre 2016. Le groupe estimait précédemment à 201 le nombre de ces comptes.

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