Le député LREM Christophe Arend accusé d'harcèlement et agression sexuelle

21 Octobre, 2017, 00:33 | Auteur: Lynn Cook
  • Le député La République en Marche de Moselle Christophe Arend à l’Assemblée nationale

Franceinfo a recueilli le témoignage de la femme de 29 ans, qui accuse notamment M. Arend de lui avoir " pincé les deux seins " et d'avoir " tout fait pour [la] faire craquer " en multipliant " les remarques sexistes " et les gestes déplacés.

La plainte contre Christophe Arend a été déposée ce vendredi 20 octobre au matin. Les législatives approchent et compte tenu des compétences de la jeune femme, diplômée d'un master de sciences politiques et philosophie politique au Canada, il lui demande rapidement d'être sa directrice de campagne. Toujours à Franceinfo, l'ex-directrice de campagne de Christophe Arend se souvient qu'elle se sentait "menacée tout le temps, j'étais mal, mais je voulais mener ce projet jusqu'au bout". Leur collaboration s'accentue au moment de la campagne législative. Le cauchemar aurait alors commencé.

" Il passe et essaie de dégrafer mon soutien-gorge, de me toucher les seins. Moi, j'ai compris. Dès qu'il arrive par-derrière, je sais qu'il va essayer, donc je me protège systématiquement les seins", dit-elle. "Il arrive, il m'enfonce un doigt dans la bouche en mimant une fellation".

Christophe Arend a été élu député de Forbach en juin dernier, en battant Florian Philippot au second tour. Marie devient son assistante parlementaire et lui fait comprendre qu'il ne pourra pas "obtenir une liaison ou un rapport sexuel". Optimiste, elle se dit qu'"il allait peut-être devenir député et je pensais que nos rapports deviendraient beaucoup plus professionnels au moment où il y aurait un contrat de travail. Je pensais que je serais davantage protégée", explique-t-elle. Elle rompra sa période d'essai environ un mois plus tard, et claque la porte. Pendant des mois, elle garde le silence, c'est l'affaire Weinstein qui finit par la convaincre de porter plainte.

De son côté Christophe Arend "conteste les faits" et il a "pour sa part déposé plainte pour dénonciation calomnieuse", a indiqué son avocate vendredi dans un communiqué.

Selon elle, Christophe Arend aurait expliqué ses agissements par le fait que sa situation de médecin (il est chirurgien-dentiste) lui confèrerait un "droit d'effraction corporelle". "Je collaborerai pleinement et entièrement avec la justice", a-t-il déclaré.

Son groupe politique au conseil régional, "Alternative écologiste et sociale" (AES), qu'il avait intégré au début du mois, a annoncé son "exclusion".

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