Plusieurs blessés dans des opérations policières — Référendum en Catalogne

02 Octobre, 2017, 01:37 | Auteur: Lynn Cook

De Gérone à Barcelone ou Figueras, des milliers de Catalans s'étaient massés dès l'aube devant les centres de vote pour participer au scrutin, interdit par la justice, qui constitue un défi sans précédent pour l'Etat espagnol.

"Continuer cette farce n'a aucun sens, ça ne mène nulle part, ils devraient y mettre fin immédiatement", a déclaré la numéro deux du gouvernement espagnol Soraya Saenz de Santamaria, à l'adresse de l'exécutif de Catalogne, la Generalitat, dirigé par Carles Puigdemont.

Le président catalan a tout de même pu voter, malgré les mesures policières.

En saisissant les urnes, les policiers veulent empêcher le vote, alors que le gouvernement de Mariano Rajoy avait promis qu'il n'y aurait pas de référendum d'autodétermination en Catalogne.

A Barcelone, la police a chargé des votants et tiré des balles en caoutchouc, faisant selon certaines informations des blessés.

M. Puigdemont a dénoncé une 'violence injustifiée'.

L'exécutif catalan avait annoncé à la dernière minute dimanche matin la mise en place d'un système universel de recensement qui permettait de voter dans n'importe quel bureau de vote.

"C'est un moment grave", a-t-il dit en confirmant qu'en cas de victoire du oui il y aurait des "décisions politiques" qui pourraient déboucher sur une déclaration d'indépendance entraînant une phase de "transition" où il négocierait le départ de la Catalogne. Les électeurs ont parfois voté avec des bulletins de vote imprimés à la maison ou sans enveloppe, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Les 'Mossos', les policiers catalans, ne sont pas intervenus pour faire fermer les bureaux de vote, qui ont ouvert à 09h00.

Les habitants de la région, où l'indépendantisme gagne du terrain depuis le début des années 2010, sont divisés presque à parts égales sur l'indépendance.

Les conséquences d'une sécession de cette région, qui compte pour 19 % du PIB du pays, grande comme la Belgique, sont incalculables, comme celles du Brexit déclenché lui aussi par un référendum, en juin 2016.

Les séparatistes affirment avoir déclenché une "révolution des sourires", et se mobilisent jour après jour avec des slogans positifs sur "l'amour de la démocratie" où armés d'oeillets rouges.

"Nous devons terminer ce processus comme nous l'avons commencé, pacifiquement", avait de son côté déclaré Carles Puigdemont à l'AFP.

Les séparatistes avaient prévu d'organiser le vote dans toutes sortes d'endroits: établissements scolaires, couvent, centres de santé, maisons de retraite, musées.

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