Inde : le divorce par répudiation express est désormais interdit

23 Août, 2017, 00:25 | Auteur: Lynn Cook
  • Farah Faiz l'une des plaignantes se félicite de la décision de la Cour suprême

Les magistrats de la Cour suprême indienne qui se sont penchés sur cette affaire représentent respectivement les principales religions de l'Inde: hindouisme, islam, christianisme, sikhisme et zoroastrisme. Elles nécessitent plusieurs mois avant qu'un divorce soit prononcé. Ces dernières années, et avec l'expansion des nouvelles technologies, cette pratique a donné lieu à de trop nombreux abus avec des divorces prononcés par sms, Skype ou Whatsapp. Elles demandaient l'interdiction de cette procédure.

Shayara Bano, une requérante, avait reçu sa répudiation par courrier en 2015 avant de tomber en dépression. "J'ai connu la douleur quand une famille se fracture".

La répudiation express est anticonstitutionnelle en Inde, l'un des trois pays au monde où la population musulmane est la plus importante.

Les croyances de chaque citoyen définissent le droit qui prévaudra en matière de mariage, divorce ou héritage. Mardi le premier ministre Narendra Modi a déclaré sur Twitter que ce jugement conférait l'égalité aux femmes musulmanes et leur permettait de prendre leur vie en main. Depuis, les mêmes lois ne s'appliquent donc pas à un hindou ou à un musulman, par exemple.

Mais cette prise de position du pouvoir en place était contestée au sein de la communauté musulmane, même parmi des opposants au triple talaq. Leur crainte sous-jacente est de voir à terme les minorités privées de leurs lois religieuses, avec le spectre de la domination de l'hindouisme majoritaire. Les nationalistes hindous militent depuis longtemps pour l'uniformisation du Code civil en Inde.

Ce sujet "a été tourné en campagne médiatique pour diaboliser l'image des musulmans", a dénoncé auprès de l'AFP Moulana Mohammad Wali Rehmani, secrétaire général de l'All India Muslim Personal Law Board (AIMPLB). Elle s'est en revanche prononcée uniquement sur le divorce à caractère instantané, appelé "talaq-e-biddat", et non sur les autres formes de répudiation encore pratiquées.

Les défenseurs des droits des femmes rappellent que depuis des années, des milliers de femmes (issues particulièrement de milieux défavorisés) ont été écartées par leur mari à la suite d'un divorce expéditif, décrété verbalement.

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