STX France: Paris lance un ultimatum, Rome répond fermement

28 Juillet, 2017, 00:08 | Auteur: Lynn Cook

"L'objectif n'est pas de nationaliser STX, parce que les partenaires Italiens sont des partenaires majeurs", a dit le porte-parole du gouvernement sur BFM TV-RMC. Le libéral ministre de l'Economie envisage de nationaliser les chantiers navals de Saint-Nazaire (STX France) plutôt que de parvenir à un accord raisonnable avec le groupe Fincantieri.

Après le refus de Rome d'un partage à 50-50 des chantiers navals STX, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire assure que l'État français est prêt à prendre le contrôle. Parmi les hypothèses privilégiées, il pourrait annoncer la nationalisation de ce fleuron industriel français en faisant jouer le droit de préemption de l'Etat. "L'Italie n'a aucune intention d'aller de l'avant si ces conditions ne sont pas là", estime son collègue du Développement économique, Carlo Calenda.

"Le Front National salue la décision du gouvernement de nationaliser les chantiers de Saint-Nazaire, conformément à ce que nous réclamions depuis des années, au nom de la préservation des intérêts stratégiques et industriels de la France".

Emmanuel Macron prononce un discours à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le 31 mai 2017, lors de l'inauguration du "Meraviglia" dans les chantiers de STX. Sa proposition, transmise à Rome par Bruno Le Maire, laissait à Fincantieri 50% du capital, les autres 50% revenant à l'Etat français (via Bpifrance), Naval Group (ex-DCNS) et aux salariés du groupe.

"L'accord (sur la participation de Fincantieri) garantissait la protection des emplois en France et du savoir-faire français à travers une gouvernance équilibrée et dans une perspective authentiquement européenne", ajoutent-ils. C'est en effet samedi que la justice coréenne doit entériner la revente des parts de ce groupe en difficulté.

Cet accord prévoit que le constructeur italien reprenne 48% du capital des chantiers, épaulé par une fondation italienne à hauteur d'environ 7%.

Alors que Fincantieri est en Italie l'équivalent de Naval Group et STX France réunis au sein d'une même entreprise, Saint-Nazaire a aussi une activité militaire. Le Monde avait annoncé dès jeudi matin cette prise de contrôle de l'entreprise par l'Etat français. C'est la première grande décision industrielle du président Macron. "On est dans une forme de négociation, on veut réaffirmer les intérêts de la France".

Bruno Le Maire a mis fin à la partie de poker avec l'italien Fincantieri. Avant de conclure: "On peut croire au projet européen, et être attaché à la nation".

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