Trump accuse l'ex-patron du FBI d'être "une balance" — Témoignage de Comey

23 Juin, 2017, 02:20 | Auteur: Lynn Cook

"Si c'était sa méthode en tant que directeur du FBI, alors il méritait totalement d'être limogé, et s'il faisait fuiter régulièrement, il doit être poursuivi", a lancé vendredi un porte-flingue de M. Trump, son premier directeur de campagne Corey Lewandowski, sur NBC.

L'une d'entre elles, surtout, a focalisé l'attention des membres de la Commission.

"Malgré tant de faux témoignages et de mensonges, confirmation totale et complète [de ma version des faits].et WOW, Comey est une balance!", a tweeté Donald Trump le 9 juin. James Comey a expliqué que Donald Trump n'était pas visé par l'enquête sur l'ingérence présumée de la Russie dans la présidentielle américaine de 2016 et qu'il ne lui avait pas demandé de l'abandonner. "C'est un bon gars". "J'espère bien qu'il y a des enregistrements", a déclaré James Comey.

En arrivant à l'audition, James Comey a prévenu d'entrée de jeu qu'il ne reviendrait pas sur son témoignage écrit de la veille.

À lire: Donald Trump et "impeachment", de quoi parle-t-on? "C'est comme cela que je l'ai interprété, a-t-il déclaré".

Il a commencé par répondre que ce n'était pas son rôle d'émettre un avis juridique, s'en remettant au procureur spécial Robert Mueller, qui a repris l'enquête sur la Russie. 'Oui, car j'ai vu le président le dire lui-même', a répondu James Comey, se référant à un tweet de M. Trump. Des documents qui confirment que le président américain aurait demandé à Comey d'abandonner toute enquête en cours sur Michael Flynn, l'ex-conseiller à la sécurité nationale au cœur de l'affaire sur les discussions avec la Russie. "Ca n'avait pas de sens", a raconté l'ancien chef du FBI.

Il a accusé l'administration de l'avoir "diffamé", défendant l'honneur du FBI, qu'il dirigeait depuis 2013. "Ce sont des mensonges purs et simples ", a martelé l'ex-directeur du FBI.

"Bien que la loi n'exige aucun motif pour renvoyer un directeur du FBI, l'administration a choisi de me diffamer ainsi que le FBI, et c'est le plus important, en affirmant que l'agence était en déroute, qu'elle était mal gérée, et que les employés avaient perdu confiance dans leur directeur". Ajoutant: "Le FBI est honnête. Le FBI est fort et le FBI est et sera toujours indépendant".

Mais, visiblement, James Comey n'a pas attendu d'être limogé pour voir dans le président américain un potentiel menteur.

Dénonçant des requêtes "dérangeantes" de la part de Trump, Comey a en revanche affirmé que le président ne lui avait pas explicitement ordonné de stopper l'enquête, tout en précisant qu'il l'avait interprété comme "une instruction", et que Trump "cherchait [son] ingérence". "Plus maintenant", aurait-il assuré, selon le "New York Times". Avant de poursuivre: "Je craignais qu'ils disent des choses fausses". Les 17 sénateurs assis en face de l'ancien premier flic des États-Unis voulaient déterminer si les multiples requêtes présidentielles, formulées en tête à tête dans l'intimité du Bureau ovale ou d'un salon de la Maison Blanche, représentaient une interférence politique et une entrave à la justice. Cela m'a donc perturbé de voir le président déclarer à la télévision qu'il me limogeait à cause de l'enquête russe. Il n'y a donc pas beaucoup de doute sur le fait qu'il ait voulu mettre fin à l'enquête. "D'autant qu'il est possible que les élus républicains au sein du Sénat décident de ne rien faire". Comey a indiqué avoir gardé des notes sur ses conversations avec le président Trump.

Lors d'une audition, M. Comey a dit à la Commission du Sénat sur le renseignement que l'administration Trump avait donné des "explications changeantes" de son limogeage, qu'il a considéré comme déconcertant et préoccupant.

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