Jacqueline Jacob mise en examen pour enlèvement et séquestration — Affaire Grégory

23 Juin, 2017, 02:14 | Auteur: Lynn Cook
  • Jacqueline Jacob mise en examen pour enlèvement et séquestration — Affaire Grégory

"Remis en liberté en février 1985 tout en demeurant inculpé, il est abattu à l'âge de 29 ans par le père de Grégory moins de deux mois plus tard". "Ils sont en détention provisoire pour quatre jours pour empêcher une concertation frauduleuse et nuire l'investigation de la section de recherches". Un couple rattrapé par les expertises et surtout, par l'histoire d'un conflit passé.

Jean-Jacques Bosc a fourni à ce sujet plusieurs précisions: 1/ le meurtre du petit Grégory relève d'un "acte collectif ", 2/ "à l'évidence", le petit Grégory a été enlevé chez ses parents ( où il jouait dans la cour, NDLR ), 3/ "les auteurs de cet enlèvement sont les auteurs du crime". Pour autant, il sera mis hors de cause.

D'autre part, un nouveau logiciel utilisé par la police, Anacrim, a permis de mettre en rapports plusieurs éléments datant des premières étapes de l'enquête. La grand-tante est soupçonnée d'être l'auteur d'une lettre anonyme en 1983 et le grand-oncle d'avoir fait des repérages. Des courriers allant jusqu'à la menace de mort, dont l'un était manuscrit.

"Ces éléments forment un tout et sont indissociables".

De nouvelles expertises d'écriture désignent désormais Jacqueline Jacob comme l'auteure de certaines lettres.

Ce corbeau, qui a endossé successivement un nombre d'identité inimaginable tout au long de l'affaire, serait en fait pluriel.

La justice soupçonne également les époux Jacob d'être les "corbeaux". Ces jours-ci, elle aurait juste fait l'objet d'un prélèvement ADN sans interrogatoire.

Les présomptions vont plus loin encore.

Le couple a nié toute implication mais ne présente pas en l'état d'alibi qui soit "confirmé ou étayé", a encore affirmé le magistrat.

Elle dit avoir sa " conviction " dans cette affaire mais refuse de la partager - " c'est aux gendarmes de trouver " - sous le regard approbateur de son avocat, Gérard Welzer. Le lendemain, une lettre envoyée à Jean-Marie Villemin revendique le meurtre.

Jacqueline et Marcel Jacob, la tante et l'oncle du père du petit Grégory, ont été mis en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort. En 1982, quand Jean-Marie avait été nommé contremaître à l'usine Auto-Coussin, l'oncle l'avait apostrophé: "Je ne serre pas la main à un chef". Ce mot, "chef", qu'on retrouve dans un certain nombre d'écrits. Je ne sais même pas s'ils connaissaient Grégory.

"Nous ne savons pas en l'état du dossier très précisément de quelle façon est mort Grégory (.); il y a encore des zones d'ombre qu'on pourra peut-être éclaircir", a-t-il toutefois souligné.

Selon Me Giuranna, depuis que les gendarmes sont venus le chercher, son client "vit un cauchemar, il vient seulement de réaliser qu'il n'était pas dans un cauchemar". "On a mis la charrue avant les b?ufs", a estimé Me Stéphane Giuranna.

Incarcérés dans deux établissements pénitentiaires, les époux Jacob nient. Jacqueline et Marcel Jacob ont nié leur participation à l'enlèvement. Il a contesté tous les faits qui lui sont reprochés devant la présidente de la chambre d'instruction.

Jacqueline Jacob, 72 ans, n'a pas dérogé au rôle de l'épouse discrète tenu depuis 1984.

"Les déclarations [en audition] permettent à la vérité d'avancer mais permettent aussi de se défendre". Elle a fait valoir son droit au silence, quant à lui, il s'est montré tout juste plus loquace. Son emploi du temps le jour de la découverte du corps de l'enfant n'a jamais pu être reconstitué avec certitude. "Que ce soit accidentel, j'en doute fort".

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