Quel scénario pour les conservateurs sans majorité — Grande-Bretagne

21 Juin, 2017, 02:20 | Auteur: Sandy Vega

Elle a confirmé dans la foulée les poids lourds de son gouvernement, Philip Hammond (Finances), Boris Johnson (Affaires étrangères), David Davis (Brexit), Amber Rudd (Intérieur), Michael Fallon (Défense) et devait compléter son gouvernement samedi. D'autres nominations devaient être annoncées dans la soirée. Theresa May, elle, a péché par excès de confiance en sa future victoire, mais elle s'est concentrée sur les seules questions du Brexit, de la sécurité et de l'immigration. En milieu de journée, elle s'était rendue au palais de Buckingham pour obtenir le feu vert d'Elizabeth II, au lendemain des législatives.

Un tel soutien lui donne une très courte majorité absolue, alors qu'elle avait convoquée ces législatives anticipées afin d'obtenir une majorité renforcée pour négocier la sortie de l'Union européenne avec les 27 à partir du 19 juin.

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a elle appelé Theresa May à "abandonner" son projet de Brexit "dur" après son échec aux élections.

"Il n'y avait jamais eu une participation aussi élevée tout au long de la campagne, lance Corbyn, juste après l'annonce officielle de sa réélection dans un fauteuil, et sans surprise là, à Islington-Nord, un quartier de Londres".

" La principale menace sur Theresa May est celle qui pèse sur son poste à la tête du Parti conservateur, explique Agnès Alexandre, professeur de civilisation britannique à l'Université de Bourgogne".

Les Libéraux-Démocrates, ouvertement europhiles, gagnent six sièges à 14 mandats, mais sans parvenir à fédérer le camp des 48% des Britanniques qui avaient voté contre le Brexit. Selon les dernières projections, le parti conservateur obtiendrait 313 sièges à la Chambre des Communes, contre 260 pour le parti travailliste de Jeremy Corbyn, qui améliore son score de 29 sièges par rapport à la Chambre sortante, tandis que les Tories reculent de 11 sièges. Au lieu de cela, son parti perd la majorité absolue de 330 sièges (sur 650) qu'il détenait jusqu'alors à la Chambre des communes.

En réaction, la livre sterling a chuté, se rapprochant de son plancher annuel face à l'euro, soit 1,13 pour une livre. La Bourse de Londres a terminé en nette hausse de 1,04%, les grandes multinationales cotées sur ce marché profitant de l'affaiblissement de la monnaie britannique qui dope la valeur de leurs revenus à l'étranger. Il a également profité de l'opposition suscitée par une proposition de Theresa May sur le financement de la prise en charge de la dépendance, qui prévoyait que les personnes âgées elles-mêmes paient pour leurs soins, avec une prise en compte de leur patrimoine immobilier.

La Première ministre Theresa May a annoncé vendredi la formation d'un nouveau gouvernement qui "mènera à bien le Brexit", bien que son parti conservateur ait perdu la majorité absolue à l'issue des législatives de jeudi.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui aussi appelé à "faire le maximum pour éviter" une absence d'accord tandis que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a mis en garde contre tout "retard supplémentaire" dans les négociations, affirmant que la Commission était prête.

"Je viens d'aller voir Sa Majesté la reine et je vais maintenant former un gouvernement, un gouvernement qui puisse rassurer et faire avancer le Royaume-Uni en ce moment critique", a-t-elle déclaré devant ses bureaux au 10 Downing Street, à Londres.

Pour le Premier ministre irlandais désigné, Leo Varadkar, le résultat de l'élection en Grande-Bretagne exprime cependant le rejet d'un "Brexit dur" et offre une opportunité pour l'Irlande.

Pour ce qui est des autres formations politiques, les nationalistes anti-austérité écossais du SNP, en situation de quasi monopole (ils avaient 56 sièges en 2015) perdent pas mal de plumes avec 35 parlementaires dans la future assemblée, mais restent la première formation en Ecosse.

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