Législatives : vague de "La République en Marche" dans l'Ouest

21 Juin, 2017, 02:20 | Auteur: Sue Barrett
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La République en Marche (REM) totalise, selon les estimations, 355 à 425 sièges sur un total de 577.

Pour ne rien arranger, ce texte est porté par le ministre de la Justice François Bayrou, fragilisé par une enquête préliminaire visant son parti le Modem et des assistants parlementaires européens.

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, le taux de participation en métropole à 17h00, a atteint 35,33%, en nette baisse par rapport au premier tour (40,75%).

Le soleil et "l'aquabonisme" - à quoi bon aller voter quand on connaît le résultat? - sont les deux ennemis de la démocratie électorale: quelque 28 millions d'abstentionnistes et de votes blancs et nuls n'ont pas exprimé de choix! Ces indicateurs traduisent les profondes divisions de la société française. Ainsi, Marine Le Pen devient, après deux tentatives manquées, députée de la 11ème circonscription du Pas-de-Calais. La majorité, déjà immense, grignoterait de nouvelles voix supplémentaires.

Mais le caractère hautement inflammable de la réforme, dans la droite ligne de la loi Travail portée par Myriam El Khomri, balayée par son adversaire LR ce dimanche, a déjà alerté les syndicats qui promettent de riposter dans la rue s'ils ne sont pas entendus. Mais, dit-il, l'élection " a permis la constitution d'un groupe suffisamment important pour faire entendre nos engagements, pour faire valoir nos convictions, pour défendre nos valeurs ". Hormis la France insoumise, qui réussit à s'implanter malgré la décrue post-présidentielle, Les Républicains, le Parti socialiste et le Front national entrent dans une zone de turbulences avec de douloureux congrès en perspective.

Loin derrière, Les Républicains (droite) et leurs alliés centristes obtiennent entre 97 et 130 sièges, au-dessus de la fourchette espérée après le premier tour pour la droite, dont la campagne présidentielle avait été plombée par les affaires de leur candidat.

La large victoire de LREM repose aussi sur la réussite de certains candidats inconnus du public, souvent novices en politique. Le PS craignait en effet de ne pas parvenir à constituer un groupe parlementaire (15 personnes minimum). Le numéro 2 de son parti, Florian Philippot, est en revanche battu.

La leader de l'extrême-droite a toutefois dénoncé le système électoral, puisque son parti détiendra moins de sièges que les socialistes et que la gauche même si ses appuis populaires (8,75 pour cent) sont supérieurs aux leurs. Seuls 222 députés sortants étaient qualifiés pour le deuxième tour et 224 autres sortants ne se représentaient pas, plus du double qu'en 2012. La République en Marche!, la formation d'Emmanuel Macron, est arrivée largement en tête avec 32,32% des suffrages exprimés, devant la droite LR-UDI-DVD à 21,56% et le FN à 13,20%. "Quel sera son avenir dépendra entièrement et pleinement de Macron lui-même qui a maintenant à prouver que ses victoires ne sont pas fondées sur les déceptions précédentes, mais aussi par les attentes satisfaites des électeurs français", a-t-il indiqué sur sa page Facebook.

Pour Jean-Luc Mélenchon, avec ce fort taux d'abstention, la majorité n'a pas la "légitimité de perpétrer le coup d'Etat social" que prépare le gouvernement d'Edouard Philippe. Soit la majorité absolue.

Les autres partis sont submergés par cette vague La République.

Au lendemain de ces législatives, Edouard Philippe devrait, comme le veut la tradition, remettre la démission de gouvernement pour être aussitôt chargé d'en former un nouveau avec a priori peu de changements.

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