Le point à 17h — Grande-Bretagne

14 Juin, 2017, 06:27 | Auteur: Sandy Vega

La Première ministre espérait gagner 80 voire 100 sièges, pour passer la barre de 400 sièges sur 650 au total.

Mais les travaillistes de Jeremy Corbyn, tenant de l'aile gauche, ont contrarié ces plans au terme d'une campagne réussie.

Sous le choc d'élections qui lui ont fait perdre sa majorité absolue et la fragilisent, la Première ministre britannique Theresa May a reconduit vendredi dans leurs fonctions ses principaux ministres. Le parti de Theresa May a perdu au moins 12 sièges aux législatives du 8 juin, l'inverse de ce à quoi il s'attendait. "C'est assez pour qu'elle parte et laisse la place à un gouvernement vraiment représentatif", a déclaré le vétéran barbu de 68 ans.

La livre sterling a lourdement chuté vendredi perdant 1,5% de sa valeur face au dollar. La Bourse de Londres était quant à elle en hausse, de 0,65% vers 10H30 GMT, les grandes multinationales cotées sur ce marché profitant de l'affaiblissement de la livre.

Alors que Mme May est sortie affaiblie des législatives de jeudi, à l'issue desquelles elle a perdu sa majorité parlementaire, elle a "confirmé son intention de commencer comme prévu les discussions sur le Brexit dans les deux semaines", a indiqué un communiqué de Downing Street. "En ce qui concerne la Commission, nous pouvons ouvrir les négociations demain matin à 9H30". Son homologue allemand, Günther Oettinger, a jugé lui que Londres était désormais un partenaire "faible" et "mauvais" pour négocier le Brexit.

À Paris, le Premier ministre Edouard Philippe a jugé que ces résultats étaient "une forme de surprise" qui ne remettait cependant pas "en cause" le Brexit.

Le nouveau Parlement britannique doit siéger une première fois mardi, avant la cérémonie d'ouverture solennelle le lundi 19 juin, date prévue également pour le lancement des négociations sur le Brexit avec Bruxelles.

Pour le directeur général du géant de la publicité WPP, Martin Sorrell, cité par le quotidien économique gratuit City A.M., le résultat de ces élections a "paradoxalement" renforcé les chances d'avoir un Brexit "doux". "Au lieu d'un leadership fort et stable, nous sommes témoins du chaos et de l'incertitude", a déploré le député conservateur allemand Markus Ferber, impliqué dans les discussions sur l'accès aux marchés de l'UE pour le secteur financier britannique.

Elle comptait sortir confortée des urnes et obtenir un mandat plus "clair", notamment pour négocier le Brexit.

C'est également une lourde défaite pour le SNP - le parti indépendantiste écossais - qui ne remporte que 35 sièges contre 54 auparavant.

Ce net recul est "une très mauvaise nouvelle" pour "sa revendication d'un deuxième référendum" sur l'indépendance de l'Écosse, a souligné Iain Begg, professeur à la LSE, à l'AFP. Les Lib-Dem ont prévenu jeudi soir qu'il n'y aurait "pas de coalition".

Les commentateurs s'accordent à dire que Theresa May a subi un grave revers, et certains prédisent même qu'elle pourrait être renversée par des détracteurs au sein de son propre parti.

L'Ukip, parti europhobe et anti-immigration, ne devrait d'ailleurs obtenir aucun siège à la chambre basse du parlement, selon les projections réalisées durant la nuit. Si les résultats sont encore provisoires, ils donnent tout de même une idée du paysage politique en train de se former en Grande-Bretagne.

Pour Angus en revanche, c'est "un bazar complet pour faire court".

Le président américain, Donald Trump, et le chef de l'Etat français, Emmanuel Macron, ont appelé Theresa May pour la féliciter de sa victoire électorale, ont annoncé les équipes de la dirigeant britannique dans un communiqué.

Recommande: