Edouard Philippe rappelle François Bayrou à l'"exemplarité" de ministre

14 Juin, 2017, 04:41 | Auteur: Sandy Vega
  • Bruno Bonnel

Quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme lorsque l'on est un simple citoyen. En cause: le coup de fil du ministre de la Justice à un directeur de Radio France pour se plaindre de l'enquête sur les assistants parlementaires du Modem.

Le garde des Sceaux a reconnu l'appel en question, mais a cherché à nuancer en affirmant qu'il l'avait passé "en tant que citoyen", ne cherchant à effectuer ni menace ni intimidation.

Lors de sa conférence de presse de présentation du texte du 1er juin, M. Bayrou avait raconté avoir connu, en tant que président du MoDem, des situations " humiliantes " en sollicitant des financements auprès des banques. "Il pourrait y avoir un lien entre ceci et cela", a imaginé le garde des Sceaux. "Je comprends parfaitement que l'homme Bayrou ait été agacé, peut-être par la manière dont les questions ont été posées, avec beaucoup de pression, et à des gens qui ne s'y attendaient pas". "Chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire à des Français, à des responsables, qu'ils soient politiques, qu'ils soient journalistiques, qu'ils soient médiatiques, chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire, je le dirai", a-t-il ainsi déclaré devant la presse, à l'occasion d'un déplacement dans la ville Lens (Pas-de-Calais) pour afficher son soutien à un candidat de son parti encore en lice aux législatives.

Face à la polémique, le premier ministre Edouard Philippe a déploré cette situation.

Le parquet de Paris a ouvert vendredi dernier une enquête préliminaire pour "abus de confiance et recel".

"Aucune enquête n'est embarrassante pour nous", a assuré François Bayrou mardi sur la chaîne Cnews.

Le ministre de la Justice compte continuer de s'exprimer en tant que "citoyen", comme quand il a retweeté un communiqué de Marielle de Sarnez, son bras droit depuis des années, membre elle aussi au gouvernement. "Mais quand on est ministre on n'est plus seulement un homme animé par ses humeurs, ses passions, je pense qu'il a parfaitement conscience de ça", a-t-il conclu.

Après le Front National de Marine Lepen, c'est le Modem de François Bayrou qui est soupçonné d'emplois fictifs au Parlement européen.

De son côté, François Bayrou a fait savoir qu'en dépit de ses fonctions, il répondrait à toute convocation de la justice dans le cadre de l'affaire qui vise le MoDem. "Quand il y a quelque chose à dire, on le dit".

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