Trump tourne le dos à l'accord de Paris

04 Juin, 2017, 11:22 | Auteur: Lynn Cook

L'adhésion américaine a en effet été signée par le président républicain George H.W. Bush en 1992 et sa ratification approuvée par le Sénat, rappelle le centre d'études Citepa.

Pour aller plus vite, un pays peut se retirer de la CCNUCC (qui compte 196 Etats membres): cela prend un an.

L'objectif des Etats-Unis, fixé par l'administration Obama, est une réduction de 26% à 28% de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2025 par rapport à 2005.

Mais Donald Trump n'en a pas fait mention dans son discours jeudi, évoquant même une "renégociation" de l'accord, ce qui implique son maintien dans la Convention.

Laurent Fabius n'a pas caché sa colère vendredi matin sur France 2, lui qui a présidé la COP21, conférence mondiale sur le climat ayant donné naissance à l'accord de Paris que les États-Unis viennent de quitter. De New York à la Californie, plusieurs dizaines de villes et d'Etats américains ont immédiatement promis qu'au niveau local, l'Amérique continuerait d'avancer vers une économie verte. Aux Etats-Unis, cependant, la décision de Trump n'aura pas de conséquences immédiates sur la stratégie, ni sur les investissements des grandes industries.

Donald Trump, en justifiant sa décision, avait assuré qu'il avait été élu "par les habitants de Pittsburgh et non de Paris", une phrase que le maire de la ville de Pennsylvanie a peu appréciée: "Les Etats-Unis rejoignent la Syrie, le Nicaragua et la Russie, en décidant de ne pas participer à l'accord mondial de Paris".

La réponse des Européens a été rapide et sans ambiguïté: Paris, Berlin et Rome ont souligné dans un communiqué commun que l'accord ne pouvait en aucun cas être renégocié.

Emmanuel Macron est devenu vendredi le Français le plus retweeté avec son message "Make our planet great again" de l'histoire de Twitter, posté à minuit, partagé plus de 140.000 fois et "liké" 227.000 fois vendredi après-midi, selon le réseau social.

Donald Trump ne veut pas qu'on se moque de son pays.

De même, de nombreuses figures du monde économique ont fait part de leur déception, et ont insisté sur l'urgence d'agir face au réchauffement. Parmi elles, le président russe Vladimir Poutine s'est refusé à "condamner" son homologue américain, plaidant pour un "travail en commun" avec les Etats-Unis. Quelques minutes après l'annonce présidentielle, l'entrepreneur milliardaire, aussi très impliqué dans l'énergie solaire, en a profité pour annoncer qu'il claquait la porte des différents cénacles qui conseillent Donald Trump. En raison de la procédure prévue, cette sortie ne deviendra effective qu'en 2020. Dans l'hypothèse où celle-ci serait remportée par un candidat pro-climat, ce retrait pourrait être remis en cause et ne jamais entrer en vigueur, si les deux administrations, l'entrante et la sortante, respectent la tradition de coopération entre elles pendant la période de transition (M. Trump restant président jusqu'au 20 janvier 2021).

Sur la scène internationale, cette annonce a provoqué une onde de choc pour les 194 autres pays signataires de ce texte historique.

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