Musk cessera de conseiller Trump après le retrait des accords de Paris

04 Juin, 2017, 11:56 | Auteur: Lynn Cook

Renouant avec le message d'"America first" de sa campagne, le président américain a justifié sa décision en dénonçant un accord néfaste pour l'économie américaine, destructeur d'emplois et de la souveraineté du pays.

Le président français Emmanuel Macron a téléphoné jeudi à Donald Trump pour lui dire que "rien n'était renégociable" dans l'Accord de Paris sur le climat.

Au moment où les pays européens s'affichaient, avec la Chine, comme les nouveaux porteurs de flambeau de la "diplomatie climat", l'exécutif américain accusait ces derniers de monter au créneau sur ce thème pour nuire aux Etats-Unis.

Alors qu'une partie du monde est sous le choc de l'annonce de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l'accord de Paris, on observer une réaction mitigée chez les industriels américains. ExxonMobil a rappelé sa position, affirmant que "cet accord était un pas important pour relever le défi mondial de la réduction des émissions" Chez Chevron, cet accord "était un premier pas vers un cadre international", a expliqué le porte-parole du groupe.

"Et pour les pays qui se sont engagés dans cet avenir, l'accord de Paris a ouvert les vannes pour que les entreprises, les scientifiques et les ingénieurs déclenchent des investissements et innovations de hautes technologies et faibles en carbone à une échelle sans précédent", a argué Barack Obama.

A quoi la maire de Pittsburgh a rétorqué que lui appliquerait l'accord de Paris à l'échelle de sa ville.

"J'estime que les Etats-Unis devraient se trouver à l'avant-garde. Mais même en l'absence de leadership américain; même si cette administration se joint à une petite poignée de pays qui rejettent l'avenir; je suis certain que nos Etats, villes et entreprises seront à la hauteur et en feront encore plus pour protéger notre planète pour les générations futures". "Cette décision, ce discours, c'est une faute honteuse, et une erreur majeure".

Ainsi, le président de l'Association mondiale du charbon (WCA), Benjamin Sporton, a confié à Reuters lors d'une interview des sentiments mitigés quant à l'annonce de Trump et s'est dit impatient de voir une politique américaine octroyant une place au charbon dans le mix énergétique mondial.

Aux Etats-Unis, de nombreuses figures du monde économique ont fait part de leur déception, et ont insisté sur l'urgence d'agir face au réchauffement.

Il jette l'éponge. Elon Musk, le très médiatique PDG du constructeur de voitures électriques Tesla et ardent défenseur des énergies renouvelables, a annoncé jeudi 1 juin qu'il quittait les différents cénacles de grands patrons conseillant Donald Trump, après la décision de ce dernier de quitter l'accord de Paris sur le climat. "Le changement climatique est réel. L'industrie doit maintenant prendre la tête et ne plus dépendre du gouvernement", a-t-il tweeté. "Ces mêmes pays qui nous demandent de rester dans l'accord sont ceux qui ont coûté à l'Amérique des milliers de milliards de dollars par leurs pratiques commerciales et, dans de nombreux cas, de faibles contributions à notre alliance militaire essentielle", a-t-il ajouté.

Même tonalité pour le patron de Disney qui regroupe à la fois les studios, les parcs d'attraction et les puissantes chaînes de télévision ABC et ESPN: "Par question de principe, j'ai donné ma démission du conseil du président à la suite du retrait de l'accord de Paris", a déclaré Bob Iger sur Twitter.

A Washington, quelques centaines de manifestants se sont rassemblés devant la Maison Blanche pour crier "Shame!" Trump a obtenu moins de voix que son adversaire démocrate Hillary Clinton mais l'a battue au nombre des grands électeurs.