" J'espère que Washington changera d'avis sur l'accord de Paris " — Michael Bloomberg

04 Juin, 2017, 10:46 | Auteur: Lynn Cook
  • L'ex-maire de New York Michael Bloomberg le 18 mai 2017 à San Francisco-GETTY IMAGES NORTH AMERICA  AFP  Kelly Sullivan

Dans la bataille qui s'engage, les défenseurs du climat ont aussi à leurs côtés de puissantes entreprises, comme Coca-Cola, le conglomérat industriel General Electric, les géants pétroliers Chevron ou ExxonMobil, ou de grands groupes informatiques et financiers.

Le président russe Vladimir Poutine est l'un des rares à avoir refusé de condamner Donald Trump pour sa décision, appelant à un "travail en commun" avec le président américain pour arriver à un accord.

Lui qui assurait dès mars à l'ex-président français François Hollande que villes, entreprises et États américains tiendraient quoi qu'il arrive leurs engagements de l'Accord de Paris, Bloomberg a aussi annoncé un plan de rechange inédit: 30 maires, trois gouverneurs, plus de 80 présidents d'universités et 100 entreprises sont déjà prêts selon lui à s'engager ensemble auprès des Nations unies, au même titre que les pays signataires de l'Accord, pour remplir les objectifs américains de réduction des gaz à effet de serre.

"Les Américains n'abandonnent pas l'accord de Paris".

Le philanthrope milliardaire a ajouté: "Les Américains honoreront et respecteront l'accord de Paris en menant de bas en haut - et rien de ce que Washington fera ne pourra nous arrêter". "Au contraire, nous allons de l'avant", a déclaré le milliardaire de 75 ans vendredi à Paris.

On ignore encore dans quelle mesure les Nations unies pourraient accepter de tels engagements de la part d'un groupement qui n'est pas un Etat. L'ancien maire de New York, investi sur la question du réchauffement climatique, s'est entretenu avec les deux responsables français au lendemain de la décision des Etats-Unis de se retirer de l'accord de Paris. Des dizaines d'élus, de puissants chefs d'entreprise comme Michael Bloomberg et des membres influents de grandes associations américaines ont fait savoir, lors des 48 dernières heures, qu'ils feraient tout pour contrecarrer les effets du retrait américain de l'accord de Paris. Et la nouvelle bataille qui s'annonce pour l'administration Trump, après le combat qui a mobilisé de nombreux élus, patrons et société civile contre le décret migratoire visant des pays à majorité musulmane, bloqué par la justice.

Le jeudi, le New York Times a également cité une lettre de M. Bloomberg adressée au secrétaire général de l'ONU, António Guterres, dans lequel l'homme d'affaires a déclaré que d'autres éléments du gouvernement et de la société américains devraient prendre leur initiative sur les changements climatiques, là où M. Trump ne l'avait pas fait. Les trois démocrates, Andrew Cuomo, Jerry Brown et Jay Inslee, qui représentent un cinquième de la population et du PIB américains, avaient annoncé jeudi "une alliance" pour tenir les engagements américains face au réchauffement.

Quant aux 30 maires déjà partants, leurs rangs pourraient aussi grossir.

Quelque 86 maires, représentant 40 millions d'Américains, se sont déjà engagés à honorer l'Accord de Paris et à "intensifier leurs efforts" pour atteindre les engagements pris. Et des villes plus petites comme Pittsburgh, en Pennsylvanie - dont le maire avait fait acte de résistance dès jeudi après que Trump l'eut invoqué pour justifier le retrait - ou Salt Lake City, dans l'Utah.

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