Isolée, critiquée, l'administration Trump s'arc-boute — Climat

04 Juin, 2017, 12:17 | Auteur: Lynn Cook

"Parce qu'ils savaient que cela placerait notre pays dans une position désavantageuse", a lancé Scott Pruitt, l'un des plus farouches opposants à l'accord de Paris.

L'objectif des Etats-Unis, fixé par l'administration Obama, est une réduction de 26% à 28% de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2025 par rapport à 2005.

Dès l'ouverture d'un sommet entre l'UE et la Chine vendredi matin à Bruxelles, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker dessiné les contours d'un nouveau moteur pour la "diplomatie climat". "Aujourd'hui, nous accroissons notre coopération sur le changement climatique avec la Chine", a assuré le président du Conseil européen à l'issue de la rencontre.

La décision annoncée par Donald Trump est pourtant lourde de conséquences, les États-Unis étant le deuxième pollueur mondial... Et la lutte contre le changement climatique, "plus importante aujourd'hui qu'hier", a lancé le chef de l'exécutif européen en guise d'introduction.

La Chine de son côté est prête à "chérir le résultat chèrement gagné" à Paris, et à prendre des mesures concrètes pour permettre la mise en oeuvre de l'accord.

L'accord de Paris, conclu fin 2015 et dont son prédécesseur démocrate Barack Obama fut l'un des principaux architectes, vise à à contenir la hausse de la température moyenne mondiale "bien en deçà" de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

Le retrait américain de cet accord pourrait, "dans le pire des scénarios", se traduire par une augmentation supplémentaire de 0,3 degré de la température du globe au cours du XXIe siècle, a estimé l'ONU. Parmi elles, le président russe Vladimir Poutine s'est refusé à " condamner " son homologue américain, plaidant pour un " travail en commun " avec les États-Unis. Dans son discours prononcé jeudi 1 avril pour dénoncer le président des Etats-Unis a décrit son pays comme la vache à lait du monde, victime "d'une redistribution massive de la richesse des Etats-Unis vers d'autres pays".

Les Nations Unies, qui chapeautent l'accord, ont fait part de leur "grande déception".

Après l'annonce du retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, vous avez promis de financer à hauteur de 15 millions de dollars la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

En opposition au président américain qui affiche sa volonté de soutenir les énergies fossiles au nom de la défense de l'emploi, les Européens, mais aussi le Brésil ou la Nouvelle-Zélande, ont réitéré que la transition énergétique est un facteur de croissance.

Aux Etats-Unis, de nombreuses figures du monde économique ont fait part de leur déception, et ont insisté sur l'urgence d'agir face au réchauffement.

Dernier en date, Andrew Liveris, PDG du groupe d'agrochimie américain Dow Chemical en attente d'un feu vert sur sa fusion avec le rival DuPont, n'a pas mâché ses mots.

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La réponse des Européens, tranchante, ne s'est pas fait attendre: s'ils "regrettent" cette décision, Berlin, Paris et Rome ont souligné, dans un communiqué commun, que l'accord ne pouvait en aucun cas être renégocié.

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