Trump abat ses cartes, le monde retient son souffle — Climat

02 Juin, 2017, 00:44 | Auteur: Lynn Cook

Bloomberg rapporte que Tim Cook a appelé la Maison Blanche pour que Trump ne quitte pas l'accord de Paris. Rendre sa grandeur à l'Amérique!', a tweeté Donald Trump, sans autres précisions. L'accord prévoit de contenir le réchauffement climatique en dessous des deux degrés par rapport aux niveaux préindustriels ou le désinvestissement des énergies fossiles, là où le président américain a promis des emplois.

"L'heure est venue de quitter l'accord de Paris", a lancé le président américain dans les jardins de la Maison Blanche dans un long discours parfois confus au cours duquel il a souvent retrouvé les accents d'une campagne électorale menée au son de "L'Amérique d'abord".

Sous l'ère Obama, Washington et Pékin s'étaient affichés côte à côte, piliers porteurs de la signature de l'accord en décembre 2015, dans lequel 196 pays sous l'égide de l'ONU se sont engagés à limiter le réchauffement des températures et à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

'Annuler' l'accord de Paris sur le climat, c'était une des promesses du candidat Trump.

Si Donald Trump décide ce soir de retirer son pays du pacte sur le changement climatique noué à Paris, ce sera une bonne nouvelle pour le reste du monde, estime ce spécialiste des relations internationales. Une douzaine de grands groupes, parmi lesquels le pétrolier ExxonMobil, le géant de l'agrochimie DuPont, ou encore Google, Intel ou Microsoft, avaient pressé Donald Trump de ne pas en sortir.

Donald Trump peut invoquer l'article 28 de l'accord de Paris, permettant aux signataires d'en sortir. Autre solution plus radicale, la sortie pure et simple de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique.

L'ancien secrétaire d'Etat américain John Kerry, impliqué de longue date sur la question du climat, a interpellé le président sur Twitter: "Des milliards d'enfants devront vivre avec cette décision, quelle qu'elle soit".

Antonio Guterres a déclaré qu'il prévoyait de réunir un sommet climatique en 2019 pour mettre en 'uvre l'accord climatique mondial.

Cela aurait permis de garder un siège à la table des négociations tout en envoyant, en interne, le signal d'une forme de rupture avec l'administration démocrate de Barack Obama.

Au contraire du Protocole de Kyoto (1997), l'accord conclu à Paris ne fixe pas d'objectif contraignant par pays, les engagements nationaux reposant sur une base volontaire. Si les États-Unis partent, d'autres pays devraient alors combler la différence, les candidats les plus probants étant la Chine -le premier émetteur mondial- ou l'Inde, une nation qui devrait connaître une partie de la croissance la plus rapide des émissions dans les décennies à venir.

"Je ne peux le dire, je ne lui ai pas demandé", avait-il répondu.

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