La vérité est En Marche — Affaire Ferrand

02 Juin, 2017, 01:43 | Auteur: Lynn Cook

La loi de moralisation, dont François Bayrou avait fait un préalable à son alliance avec Emmanuel Macron, est devenue une promesse de campagne de l'actuel président. En formant son gouvernement, il avait "souhaité introduire un temps de vérification afin que la direction générale des Finances publiques et la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) puissent réaliser les diligences nécessaires".

Ce sont de nouveaux éléments révélés par Le Monde ainsi que le témoignage de l'avocat qui a chapeauté le montage immobilier qui auraient conduit le procureur de Brest, cette fois, à ouvrir une enquête préliminaire dans le but de " recueillir tout élément permettant une analyse complète des faits ".

Certains, à l'instar du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, s'inquiètent toutefois des répercussions possibles de cette affaire sur le résultat d'En Marche! aux législatives.

De multiples questions subsistent concernant des décisions prises par M. Ferrand avant son entrée en politique en 2012, à l'époque où il était le directeur général d'un assureur, Les Mutuelles de Bretagne. Mais les multiples révélations à son sujet, ici sur une opération immobilière avec sa femme, là sur un mélange des genres entre ses fonctions aux Mutuelles de Bretagne et la députation, commencent à gêner les candidats de La République en marche aux législatives des 11 et 18 juin. Elle estimait dans un communiqué qu'une enquête était nécessaire "pour déterminer si la convention passée avec la société civile immobilière (SCI) dénommée Saca était dans l'intérêt des Mutuelles de Bretagne ou dans l'intérêt de la compagne de M. Ferrand". "Le Premier ministre s'est exprimé". Autrement dit, un membre du gouvernement doit démissionner s'il est mis en examen.

Selon le porte-parole du gouvernement français, Christophe Castaner, le Président de la République a appelé ce mardi le gouvernement à la "solidarité " et à la "responsabilité", régissant ainsi à l'affaire du ministre de la Cohésion des territoires. "La presse doit faire son travail de questionnement, de révélation de la vérité, ensuite il y a une justice indépendante en France, qui fait son travail, il ne faut confondre aucun de ces rôles", a plus tard déclaré le chef de l'Etat, en déplacement mercredi après-midi aux chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Mais le Président Emmanuel Macron et le Premier ministre Edouard Philippe se sont trop avancés pour limoger leur ministre de la Cohésion des Territoires. "Nous allons prendre des règles claires, pour éviter cette espèce de choses qui ne sont pas illégales mais ne sont plus acceptables", a-t-il dit, citant le cas des emplois familiaux qui feront l'objet d'une "interdiction absolue" dans le projet de loi. On est à l'intérieur de ces règles.

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