Les suites — Affaire Ferrand

31 Mai, 2017, 06:46 | Auteur: Lynn Cook

L'enquête du Monde démontre que le nouveau ministre de la cohésion des territoires, soutien de la première heure d'Emmanuel Macron et élu local depuis la fin des années 1990, pratique, depuis vingt ans, un mélange des genres assumé entre politique et affaires, intérêts publics et privés.

Pour justifier cette décision qu'il devine peu populaire, Edouard Philippe a tenu à rappeler les règles "très claires" qu'il a fixées à son équipe gouvernementale et auxquelles Richard Ferrand ne ferait pas défaut: "La première, c'est qu'un ministre qui serait mis en examen devrait démissionner, il n'y a aucune ambiguïté là-dessus". Alors que les Mutuelles de Bretagne, dont il était le directeur général jusqu'en 2012, étaient à la recherche de nouveaux locaux pour accueillir un centre de soins, Richard Ferrand avait lui-même acquis un immeuble en plein cœur de Brest. Le Premier ministre confesse que Richard Ferrand "n'avait pas signalé qu'il avait embauché son fils", mais précise que cela n'aurait pas empêché le secrétaire général de La République en marche d'entrer au gouvernement, puisque "ce n'était pas illégal". Après avoir annoncé ces règles, le résident de Matignon a évoqué directement le cas Richard Ferrand.

Si le parquet de Brest a décidé de ne pas ouvrir d'enquête sur le volet immobilier et que le parquet national financier n'est pas compétent "à ce stade", plusieurs ténors LR ont continué de cibler l'ex-socialiste.

Selon des informations publiées par Le Monde et Mediapart mardi, la compagne de Richard Ferrand, qui est avocate, a eu plusieurs contrats auprès de l'entreprise. Richard Ferrand aurait eu vent de cette vente et a contacté le propriétaire avant la présentation du bien.

Selon le journal, il a alors recruté comme assistant parlementaire le compagnon de sa remplaçante à la tête de la société, Joëlle Salaün, et déposé avec d'autres députés PS une proposition de loi favorable aux adhérents des mutuelles. Le ministre s'est rendu sur le chantier de reconstruction des logements sociaux à Deauville (Calvados) avant de conclure la journée de rencontre organisée par "Associations, développement et attractivité des territoires ".

Benjamin Griveaux, porte-parole d'En marche! et candidat aux législatives, a dénoncé dimanche " des mensonges " après les accusations de conflit d'intérêts contre Richard Ferrand à l'Assemblée nationale émanant du Dr Bernard Accoyer (Les Républicains). Par ailleurs, deux assistants euro-parlementaires du FN ont été mis en examen dans le cadre d'une enquête sur des soupçons d'emplois fictifs pour un préjudice potentiel évalué par le Parlement européen à près de cinq millions d'euros.

Les internautes ironisent également sur la fait que ce soit, dans ce contexte, François Bayrou qui présente la loi sur la moralisation de la vie publique. Le Premier Ministre Édouard Philippe soutient Ferrand mais reconnaît qu'il y a effectivement un débat politique autour des agissements du ministre.

Recommande: