Face à Cazeneuve, Mélenchon tente le coup du "j'accuse"

31 Mai, 2017, 06:14 | Auteur: Jonathan Ford
  • Il se croyait à l’abri des regards au premier étage de la terrasse du restaurant Roger. Le candidat découvre la maladie universelle de

Des propos qui ont fait sortir de ses gonds le candidat de la France Insoumise, qui avait attaqué son vis-à-vis en rappelant sa "responsabilité" dans "l'assassinat" de Rémi Fraisse, Bernard Cazeneuve étant ministre de l'Intérieur en 2014 lorsque ce jeune militant écologiste avait été tué près du chantier du barrage de Sivens lors d'un affrontement avec les forces de l'ordre.

"Moi je ne suis pas du tout demandeur d'aller devant les tribunaux pour porter devant les tribunaux le règlement de conflits politiques, mais là je suis obligé de le faire", a expliqué sur France Inter M. Cazeneuve, accusé par Jean-Luc Mélenchon, non seulement d'être responsable de la mort de Rémi Fraisse, mais de s'être "occupé de son assassinat". Mais il invite l'ancien ministre de l'Intérieur à le poursuivre: " Si M. Cazeneuve estime qu'il est juste de me faire un procès en diffamation, je l'invite à le faire.

" Il y a quelque chose de quasi poutinien dans cette manière de s'entourer des représentants de tous les oligarques du pays ", a déclaré le dirigeant de La France insoumise lors d'une conférence de presse.

Dans un communiqué publié dimanche, le Parti Socialiste a aussi fermement condamné les propos de Jean-Luc Mélenchon.

Et Jean-Luc Mélenchon d'enfoncer le clou: "ce sera, dit-il, " la seule occasion d'amener devant un prétoire cette affaire [.] et alors on verra qu'en effet, M. Cazeneuve est l'homme qui a mis en place des méthodes d'intervention d'une violence extrême dont les manifestants de la loi El Khomri se souviennent parfaitement ".

Mardi matin, Bernard Cazeneuve avait dit qu'il retirerait sa plainte si Jean-Luc Mélenchon présentait ses excuses. "Celui qui me fait la leçon de République doit commencer par balayer devant sa porte", a encore ajouté M. Mélenchon.

"Je n'ai pas été dans l'invective en disant cela, j'ai dit la vérité", s'est justifié mardi M. Cazeneuve.

Jean-Luc Mélenchon a reconnu que le mot assassinat n'était peut-être pas bien calibré.

"Il y a danger à concentrer dans un système institutionnel, qui déjà concentre autant de pouvoir sur la présidence, tant de personnes dont on sait qu'elles sont directement liées aux grand lobbies du pays" a-t-il ajouté.

Pendant l'entre-deux tours de la présidentielle, l'ex-Premier ministre avait dénoncé "une faute politique et morale" du leader d'extrême-gauche, pour "ne pas avoir appelé clairement à voter" pour Emmanuel Macron face à la candidate du Front national.

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