Édouard Balladur mis en examen dans le cadre de l'affaire Karachi

31 Mai, 2017, 07:52 | Auteur: Lynn Cook
  • Edouard Balladur en cmpagne électorale en 1995

Edouard Balladur a été mis en examen lundi par la commission d'instruction de la Cour de justice de la République dans le volet financier de l'affaire Karachi, a-t-on appris mardi de source judiciaire, confirmant une information du Canard enchaîné. L'enquête sur l'attentat de Karachi, perpétré en 2002 et qui avait causé la mort de 15 personnes dont 11 Français, avait en effet permis à l'époque aux enquêteurs de remonter la piste d'un financement occulte présumé, qui aurait profité à l'intéressé, lors de la signature d'un contrat d'armement avec le Pakistan en 1994. "La décision de la commission d'instruction ne tire aucune conséquence de la validation du compte de campagne par le Conseil constitutionnel en octobre 1995, non plus que de l'ancienneté des faits, vieux de vingt-trois ans", considère l'ancien rival de Jacques Chirac.

Parallèlement à l'enquête terroriste, les magistrats Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire chargés du volet financier de l'affaire entre 2011 et 2014 ont acquis la conviction que la campagne d'Édouard Balladur a été en partie financée par des rétrocommissions - illégales - sur les contrats de sous-marins au Pakistan et de frégates à l'Arabie Saoudite.

Selon le gouvernement, Edouard Balladur aurait développé un réseau qui servait d'intermédiaire dans ces contrats.

Alors que leur défense avait tenté de faire jouer la prescription, la CJR leur avait donné tort en septembre, estimant que le délai de prescription n'avait pas démarré en 1995 mais en 2006, date à laquelle le procureur avait eu connaissance du rapport "Nautilus".

L'une des hypothèses envisagées est que la fin du versement des commissions, ordonné par Jacques Chirac devenu président, est à l'origine de l'attentat de Karachi.

"Nous sommes bien confrontés à ce que nous dénoncions dès 2009: une affaire d'État considérable", a réagi auprès de l'Express Me Olivier Morice, qui défend les intérêts de plusieurs parties civiles. Aujourd'hui âgé de 88 ans, il a été entendu, lundi, par les trois juges chargés du dossier au sein de la Cour de justice de la République.

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