Syrie, Tchétchénie, Ukraine : ce qu'il faut retenir de la rencontre Macron-Poutine

30 Mai, 2017, 04:45 | Auteur: Sandy Vega

"Cette Russie qui s'ouvre à l'Europe, cette amitié franco-russe, c'est cela que je voulais vous faire partager en vous invitant aujourd'hui à Versailles et cela a été le fondement de notre discussion aujourd'hui" a tout d'abord déclaré Emmanuel Macron. "Notre priorité absolue, c'est la lutte contre le terrorisme et l'éradication des groupements terroristes et en particulier de Daech", l'acronyme arabe du groupe Etat islamique. Et voilà la réponse: aucunement!

Les "sanctions" contre la Russie ne contribuent "aucunement" à régler la crise ukrainienne, a déclaré lundi le président russe Vladimir Poutine lors d'une conférence conjointe avec le président français Emmanuel Macron au château de Versailles. "Luttez pour la suppression de toutes les restrictions dans l'économie mondiale", a-t-il suggéré.

En dépit d'échanges " extrêmement francs et directs", aux dires d'Emmanuel Macron, les présidents russe et français ont convenu qu'un deuxième sommet s'imposait dans les meilleurs délais avec Berlin et Kiev sur la mise en œuvre des accords de Minsk, dans l'est de l'Ukraine.

Le président français a aussi plaidé pour une transition démocratique en Syrie, "mais en préservant un Etat syrien" et en se disant prêt à "discuter avec l'ensemble des partis", "y compris les représentants de M. Bachar al-Assad" même si la réouverture d'une ambassade de France à Damas n'était "pas une priorité".

Arrivé en retard au palais de Louis XIV, le président russe s'est entretenu et a déjeuné avec son équivalent français qui juge qu'il n'y a " pas d'autre choix que de dialoguer avec la Russie", dans le cadre doré du Grand Trianon.

L'Ukraine. Quant au cas Ukrainien, les deux chefs d'Etat se sont prononcés pour une "désescalade de la violence", en réunissant une nouvelle réunion sur le format "Normandie", réunissant l'Ukraine, la Russie, l " Allemagne et la France.

En revanche Emmanuel Macron a accusé des journalistes de deux médias russes, Russia Today et Sputnik, de s'être comportés en "agents d'influence " lors de la campagne présidentielle en répandant "des contre-vérités infamantes ".

S'il ne croit pas à "l'invective publique", le nouveau chef de l'État français, 39 ans, assure qu'il ne compte "laisser rien passer" dans ses conversations avec ses homologues et se faire "respecter". Toujours selon ce journal indépendant, au moins deux personnes ont été assassinées par leurs proches et une troisième est décédée des suites d'actes de tortures.

Le président français a également évoqué le cas des persécutions à l'encontre de personnes homosexuelles en Tchétchénie avec le président russe: "j'ai rappelé au président Poutine l'importance pour la France du respect de toutes les personnes".

Emmanuel Macron avait accueilli Vladimir Poutine au Château de Versailles par une poignée de main appuyée et chaleureuse, dans un décor monarchique et somptueux, avec force tapis rouge et gardes républicains. Mais la France n'a pas simplement accueilli le président russe.

"Le président Poutine m'a (.) indiqué avoir pris plusieurs initiatives sur le sujet des personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuelles et transsexuelles, ndlr), en Tchétchénie, avec des mesures visant à faire la vérité complète sur les activités des autorités locales et (pour) régler les sujets les plus sensibles", a-t-il dit en promettant d'être "constamment vigilant" sur cette question.

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