Macron: l'utilisation d'armes chimiques en Syrie déclenchera "une riposte immédiate"

30 Mai, 2017, 03:59 | Auteur: Sandy Vega
  • Le président Emmanuel Macron le 26 mai 2017 à Taormina lors du sommet du G7 en Sicile

"Ça n'a pas été sa première visite à Moscou, elle y vient régulièrement", a assuré M. Poutine lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Macron à Versailles, où les deux hommes se sont entretenus pour la première fois depuis la prise de fonctions du président français le 14 mai.

M. Macron a aussi plaidé pour une transition démocratique pour la Syrie, "mais en préservant un Etat syrien". Vladimir Poutine lui a répondu: "Nous estimons que nous ne pouvons pas lutter contre la menace terroriste tout en détruisant l'Etat syrien". Côté français, cette invitation pourrait donc être lue "comme un rattrapage" après "le raté" de la visite du président russe en octobre, observe Tatiana Kastouéva-Jean, responsable du Centre Russie à l'IFRI [L'Express]. Ce processus doit perdurer. "Il y a beaucoup de russophones dans l'équipe Macron, j'espère que ce ne sont pas des experts de l'URSS, mais de la Russie a déclaré le président russe, ironisant sur le fait qu'Emmanuel Macron est classé à gauche, en tout cas vu de Russie". "Le président Poutine m'a (.) indiqué avoir pris plusieurs initiatives sur le sujet des personnes LGBT en Tchétchénie, avec des mesures visant à faire la vérité complète sur les activités des autorités locales et régler les sujets les plus sensibles", a déclaré Emmanuel Macron, promettant qu'il serait "constamment vigilant" sur la question.

Les "sanctions" contre la Russie ne contribuent "aucunement" à régler la crise ukrainienne, a lancé M. Poutine alors que le G7 avait évoqué samedi l'éventualité de nouvelles sanctions.

"Sur ce point, d'ailleurs, je souhaite que nous puissions au plus vite, sous le format qu'on qualifie Normandie, avoir une discussion à quatre sur le sujet de l'Ukraine", a-t-il dit. Les présidents français et russes auraient également "convenu d'avoir un suivi extrêmement régulier" de l'affaire. "Les Russes ont besoin d'avoir une bonne relation avec l'Europe, le fait que Vladimir Poutine se déplace montre qu'il est aussi en demande".

Ne fallait-il pas voir toutefois dans la venue de Marine Le Pen au Kremlin durant la campagne et sa réception par Vladimir Poutine, une préférence marquée du successeur de Boris Eltsine pour une pièce de l'échiquier politique français? A la télé russe, un leader nationaliste a promis de " faire élire Marine Le Pen ".

Emmanuel Macron, quant à lui, a expliqué pourquoi il avait barré l'entrée à son quartier général aux reporters de deux médias russes.

Il est arrivé ce lundi matin en France, quasiment en même temps que Vladimir Poutine.

"Lors du précédent quinquennat, il y avait un dialogue, très nourri et portant sur plein de sujets mais il n'a pas permis de déboucher sur quelque chose", souligne Manuel Lafont Rapnouil. Mais chaque image, chaque mot seront pesés pour souligner l'importance et surtout la réussite formelle incontestable de cette séquence internationale dont la potentialité électorale n'aura échappé à personne à l'approche des législatives.

Les deux chefs d'Etat étaient ensuite attendus pour déjeuner en cercle un peu plus élargi dans le restaurant du grand chef Alain Ducasse qui est dans le château.

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