La dénucléarisation, "objectif commun" de Pékin et Séoul — Corée du Nord

14 Mai, 2017, 05:52 | Auteur: Lynn Cook

Surtout, M. Moon est accusé de manquer de poigne à l'égard de Pyongyang, en pleine période de tensions relatives aux ambitions nucléaires du Nord.

"Je vais également aller à Pékin et à Tokyo et même à Pyongyang dans les meilleures circonstances", a-t-il renchéri.

Moon Jae-in va devoir affronter une tâche diplomatique délicate face à ce pays voisin doté de l'armé nucléaire.

Le département d'Etat américain a dit vouloir poursuivre "une coopération étroite, profonde et constructive" avec le prochain président de la Corée du Sud.

M. Moon a nommé Lee Nak-Yon, un ancien journaliste, quatre fois député, au poste de Premier ministre tandis que le nouveau patron du renseignement est Suh Hoon, qui avait joué un rôle clé dans les préparatifs des deux sommets intercoréens de 2000 et 2007. Il s'agit de mettre fin rapidement au vide du pouvoir consécutif à la destitution en mars dernier de la précédente présidente, Park Geun-hye, impliquée dans une importante affaire de corruption. S'il a remporté l'élection présidentielle anticipée dans un fauteuil, le pays est profondément divisé " explique le magazine.

"Je jure solennellement devant le peuple d'exécuter loyalement les devoirs du président", a déclaré devant l'Assemblée nationale à Séoul l'ancien avocat issu du Parti démocratique.

Selon les résultats définitifs de ce scrutin à un tour, Moon Jae-in a remporté 41,1% des suffrages, contre 24% à son rival conservateur Hong Joon-pyo et 21,4% au centriste Ahn Cheol-soo. L'élection-plébiscite de Moon à la Maison Bleue (l'Elysée sud-coréen) marque un tournant dans l'histoire de... "Je vous supplie de coopérer". Le Nord, depuis début 2016, a mené deux essais nucléaires et de multiples tests de missiles. Une attitude qui tranche avec la rhétorique menaçante de l'administration Trump ces derniers temps à l'égard de Pyongyang. Il vient cependant d'adoucir le ton, déclarant qu'il serait "honoré" de rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

Pékin a pris une série de mesures contre les entreprises sud-coréennes, considérées à Séoul comme des actes de représailles économiques.

Après une brève campagne dominée par la problématique de l'emploi et des inégalités, plus que par le dossier nord-coréen, les électeurs sont appelés à se rendre jusqu'à 20h00 (13h00 en Suisse) dans plus de 139'000 bureaux de vote.

Dans un récent livre, M. Moon écrivait que Séoul devait apprendre à dire "non" à Washington, plaidant pour des relations "plus justes et plus équilibrées" avec les Etats-Unis. Il a également promis de rester honnête: "j'arrive à la barre les mains vides, je partirai les mains vides".

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