Donald Trump menace l'ex-patron du FBI — États-Unis

13 Mai, 2017, 09:28 | Auteur: Aubrey Nash

'J'allais le limoger quelles que soient les recommandations', a déclaré le président américain dans un entretien à la chaîne de télévision NBC.

La porte-parole de la présidence Sarah Huckabee Sanders, citée par le journal, aurait toutefois réfuté cette version, assurant que Donald Trump "n'a jamais suggéré qu'il attendait de la loyauté à sa personne, mais seulement envers notre pays et son grand peuple". L'annonce, qui a fait l'effet d'une bombe mardi 11 mai, menace de tourner au comedy-show des plus ridicules, avec Sean Spicer, et Donald Trump lui-même, dans le rôle des comiques. Selon le "New York Times", Rod J. Rosenstein aurait demandé cette rectification, ne voulant pas assumer l'entière responsabilité du limogeage. Lors de ces rencontres, Donald Trump lui aurait demandé s'il était visé par l'enquête du FBI sur des liens avec la Russie durant la campagne électorale de 2016. Une décision dont il s'était pourtant grandement félicité et servi, à dix jours du vote.

En réalité, comme l'évoquent plusieurs élus américains, il est fort probable que l'enquête actuellement menée par le FBI sur les liens éventuels entre l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie (accusée d'avoir interféré dans la présidentielle américaine) soit à l'origine de ce licenciement. Quand j'ai pris la décision, je me suis dit: "ce truc avec la Russie, Trump et la Russie, c'est une histoire inventée ".

"Le président a assuré que "si la Russie a fait quoi que ce soit, [il veut] le savoir", tout en précisant ne pas y croire: "[L'enquête] devrait être finie, à mes yeux, depuis longtemps. Certes, il ne s'agissait pas du chef du FBI, mais en 1973, le président Richard Nixon écarte le procureur indépendant Archibald Cox qui enquête sur le scandale du Watergate, une affaire d'espionnage politique révélée l'année d'avant.

Il a même enfreint l'usage en demandant directement à James Comey, lors de conversations téléphoniques selon lui, de lui confirmer qu'il n'était pas ciblé par les investigations, ce que le haut policier lui aurait confirmé. Pour rappel, Clinton avait été accusée d'avoir utilisé une messagerie privée non cryptée pour communiquer des informations classées avec ses collaborateurs, dont son ex-directeur de campagne, John Podesta. "Le FBI va poursuivre cette enquête vigoureusement et complètement", a dit McCabe aux sénateurs. Un point important qu'il avait fait préciser dans la lettre de limogeage rendue publique mardi. "Il voulait rester le chef du FBI et j'ai dit que j'y réfléchirai", a raconté Trump. Et il a promis de prévenir le Congrès en cas de tentative du pouvoir d'intervenir dans l'enquête, qu'il a qualifiée de "hautement importante" alors que la Maison Blanche tente d'en minimiser l'importance. "Le travail des hommes et des femmes du FBI continue quels que soient les changements de circonstances, quelles que soient les décisions", a déclaré Andrew McCabe, ex-numéro deux de la police fédérale, lors d'une audition au Sénat. "Et ce jour-là il m'a dit que je n'étais pas visé par une enquête, ce que je savais déjà de toute façon". Quand M. Trump a insisté, M. Comey lui aurait promis une "loyauté honnête".

Recommande: