L'opposition réclame l'annulation du référendum — Turquie

03 Mai, 2017, 02:16 | Auteur: Lynn Cook
  • Des partisans du président turc Recep Tayyip Erdogan le 16 avril à Istanbul

Le Haut conseil électoral turc (YSK) a déclaré dimanche soir que le camp du "oui" l'avait emporté, bien que les partisans du "non" aient dénoncé des fraudes. Le président de la commission électorale, Sadi Guven, a confirmé dans la soirée la victoire du "oui" et a promis des résultats officiels dans une douzaine de jours.

Les électeurs ont donné le feu vert aux modifications constitutionnelles proposées par le président Erdogan qui consistent, entre autres, à éliminer le système parlementaire de la Turquie. Mais l'opposition dénonce une réforme visant à satisfaire les ambitions de M. Erdogan, accusé de dérive autoritaire par ses détracteurs. Nous estimons qu'il faut respecter la volonté du peuple turc... Le poste de première abolie, et le président aura le droit de nommer un vice-président, des ministres, une partie des membres du Collège des juges et des procureurs.

Prolongé d'un an, le mandat présidentiel sera désormais de cinq ans, renouvelable une fois. Paris a mis en garde lundi contre le rétablissement de la peine capitale, régulièrement évoqué par M. Erdogan, qui provoquerait une " rupture ".

Au Parlement, des changements vont également être procédés. Le président Erdogan et ses partisans font valoir qu'il est nécessaire de modifier la Constitution, dont la version actuelle a été écrite par les généraux à la suite d'un coup d'Etat en 1980, pour affronter les enjeux auxquels est confrontée la Turquie en matière de sécurité et éviter les gouvernements de coalition fragiles que le pays a connus par le passé.

Economiquement, la bourse d'Istanbul et la livre turque se sont renforcées au lendemain de la victoire du oui.

La bourse d'Istanbul a en effet ouvert en hausse lundi, tandis que la livre turque a gagné près de 2% face au dollar dans la matinée.

Une telle mesure sonnerait le glas du processus d'adhésion de la Turquie à l'UE, dans les limbes depuis plusieurs années. Le président Erdogan a immédiatement répliqué en appelant les observateurs européens à "rester à leur place".

"Nous encourageons la Turquie à prendre en compte les inquiétudes et les recommandations du Conseil de l'Europe, y compris au sujet de l'état d'urgence", poursuit le communiqué de l'UE.

Le CHP et le principal parti prokurde, le HDP, mettent notamment en cause la décision de l'YSK de considérer comme valides les bulletins non marqués du sceau officiel des autorités électorales.

Dimanche, un référendum sur un accroissement des pouvoirs du président a été approuvé avec un peu plus de 51% des suffrages.

"Il appartient aux Turcs et à eux seuls de décider de leur organisation politique".

"Le gouvernement (allemand) attend que le gouvernement turc, après une campagne électorale dure, cherche maintenant un dialogue respectueux avec toutes les forces politiques et dans la société", a souligné la chancelière dans une courte déclaration conjointe avec son ministre des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel. Celui-ci est en vigueur depuis le putsch avorté de juillet.

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