Macron visé par les mêmes hackers russes que Clinton

26 Avril, 2017, 07:14 | Auteur: Jonathan Ford
  • Emmanuel Macron prononce un discours à PAris après avoir remporté le premier tour de la présidentielle le 23 avril 2017- AFP Patrick KOVARIK

Si l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron se disait victimes de tentatives de piratage, se comptant par milliers, venant a priori de la frontière russe, c'est ce que tend à confirmer le nouveau rapport de la société de sécurité informatique Trend Micro.

Entre la mi-mars et la mi-avril, ces pirates russes ont créé quatre noms de domaine au nom et à l'apparence très proches de ceux du site de l'équipe officielle d'En Marche!: onedrive-en-marche.fr, portal-office.fr, mail-en-marche.fr et accounts-office.fr. Le but de ces appâts: tenter de piéger les collaborateurs en récupérant leurs données personnelles, tels l'identifiant et le mot de passe.

Le directeur de la campagne numérique d'Emmanuel Macron, Mounir Mahjoubi, a déclaré à 20 Minutes qu'il n'était "pas surpris" d'apprendre cette confirmation.

Lors d'un point presse à Moscou lundi soir et répondant à une question d'ordre général, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a nié toute implication russe dans la campagne française, une accusation récurrente après celles concernant la campagne présidentielle américaine. C'est en tout cas ce qu'affirme un rapport établi par l'éditeur japonais de solutions de cybersécurité Trend Micro, paru ce mardi.

L'équipe de campagne d'En Marche l'affirmait depuis la mi-février, Trend Micro le confirme: le candidat à la présidentielle a été victimes de nombreuses cyberattaques en provenance de Russie.

Il vous reste 68 % de l'article à lire.

Citée par Motherboard, l'entreprise qui gère notamment des ordinateurs des écoles, collèges et lycées publics et privés en France depuis 2010, explique qu'un groupe surnommé "Fancy Bear" s'en prend à la campagne de Macron depuis deux mois. Il a cependant assuré qu'"aucune des boîtes mails [de la campagne] n'a été hackée". "Nous avions détecté ces noms de domaine et plusieurs autres, poursuit Mounir Mahjoubi". "Notre équipe n'a pas la capacité d'attribuer l'origine de ces attaques". L'origine des connexions est surveillée en permanence, et chaque employé a été formé pour reconnaître un email ou un lien suspects.

Et toujours selon l'enquête de la société de sécurité informatique, il s'agirait "du même groupe qui a attaqué le parti démocrate" et réussi à obtenir les emails du directeur de campagne d'Hillary Clinton, John Podesta. En outre, les communications sensibles ne passent que par des messageries chiffrées. Après la tournure qu'avait prise la campagne américaine, Emmanuel Macron n'a voulu prendre aucun risque.

Recommande: