Le patron de LafargeHolcim proche du départ ?

25 Avril, 2017, 02:00 | Auteur: Aubrey Nash
  • LE PATRON DE LAFARGEHOLCIM PROCHE DU DÉPART

Comme c'était pressenti ce week-end, le directeur général de LafargeHolcim a présenté sa démission lundi matin. Il quittera son poste le 15 juillet 2017, deux ans après l'avoir conquis. "Bien que je n'aie été en aucune manière impliqué, ni même informé d'actes répréhensibles, je pense que mon départ contribuera à ramener de la sérénité à une société", a-t-il ajouté. L'ancien dirigeant de Lafarge était devenu directeur général de LafargeHolcim. Le groupe a toutefois complètement écarté la responsabilité du Franco-Américain dans le financement indirect de groupes armés en Syrie.

L'entreprise, visée en France par une enquête préliminaire ouverte en octobre après une plainte de Bercy, a diligenté une enquête interne sur les faits, dont les conclusions définitives étaient attendues.

Le groupe va lancer immédiatement les recherches pour son successeur, confiant pendant la transition les commandes de l'entreprise à Beat Hess, le président du conseil d'administration. Eric Olsen "ne peut (...) être considéré comme informé des actes répréhensibles identifiés", a de fait conclu le conseil d'administration de Lafarge accusé depuis les révélations du quotidien Le Monde - en juin dernier - d'avoir accepté de faire du business avec les terroristes de Daech en Syrie afin de maintenir sa production au sein de la cimenterie de Jalabiya, située à 150 kilomètres au nord-est d'Alep.

L'enquête précise aussi que "certaines membres de la direction du groupe " avaient eu connaisse de la situation.

Une plainte de l'ONG Sherpa vise quant à elle des faits de financement du terrorisme, de complicité de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, de mise en danger délibérée d'autrui.

Le groupe a également confirmé des mesures correctives annoncées début mars, notamment "l'adoption d'une procédure plus rigoureuse d'évaluation des tiers à haut risque, l'instauration d'un programme de dépistage des tiers à risques et d'un nouveau programme de contrôle autour des sanctions et des exportations". La découverte des actions " inappropriées et inacceptables " menées par Lafarge en 2013 et 2014 pour poursuivre ses activités en Syrie aura eu raison du fragile équilibre instauré au moment de la fusion entre les leaders français et helvétique.

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