"Désarmement" d'ETA: une journée à portée (peut-être) historique

08 Avril, 2017, 06:39 | Auteur: Sandy Vega
  • Le ministre de l'Intérieur Mathias Fekl à Paris le 8 avril 2017- Le ministre de l'Intérieur Mathias Fekl à Paris le 8 avril 2017- AFP GEOFFROY VAN DER HASSELT

Des milliers de personnes sont attendues, samedi 8 avril à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), pour une mobilisation en soutien aux " artisans de la paix " chargés de remettre toutes les armes détenues par l'organisation indépendantiste basque.

Dans un communiqué commun, les gouvernements autonomes du Pays Basque espagnol (Euskadi) et de la Navarre, ainsi que la Communauté d'Agglomération Pays Basque français, présidée par un élu de centre-droit, Jean-René Etchegaray, ont expressément soutenu vendredi la démarche de la Commission internationale de vérification.

Vendredi soir, le Parti populaire (conservateur) au pouvoir a organisé un "contre-évènement", une cérémonie en hommage "aux protagonistes de la défaite de l'ETA", à Vitoria (Pays Basque), centrée autour des familles des victimes de l'organisation. L'un de ses prisonniers, David Pla, incarcéré en France, avait récemment déclaré dans la presse basque qu'un processus de réflexion serait entamé au lendemain de son désarmement pour décider de ce que deviendra l'ETA.

Heureusement, la société civile a franchi le pas, et en assumant la responsabilité politique et technique du désarmement, elle a réalisé une contribution déterminante pour sortir de l'impasse, d'une situation qui était en train de se gangrener.

M. Etcheverry n'a pas précisé les modalités de ce désarmement qui "doivent rester confidentielles", ni "le devenir de l'arsenal" qui, selon des experts de la lutte anti-terroriste, comprend environ 130 armes de poing et deux tonnes d'explosifs. Selon ces experts, ETA est "à l'agonie et le mouvement clandestin compterait tout au plus encore une trentaine de membres". Mais le scénario de cette restitution reste flou, des proches des nationalistes basques se contentant d'indiquer: "des négociations sont engagées avec les autorités françaises".

Car, historiquement pour ETA, la France et plus particulièrement le Sud-Ouest ont été une véritable "base arrière". Le considérable stock d'armes que l'ETA avait caché en France doit être exhumé et restitué aux autorités françaises samedi, au cours d'une opération qui pourrait ouvrir la voie à une dissolution du groupe séparatiste créé en 1959. "Le seul chemin possible pour ETA, c'est la dissolution, la remise des armes, la repentance et la réparation du tort causé", a-t-il dit, "il n'y aura ni transactions, ni concessions".

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