Une guerre est-elle possible entre le Royaume-Uni et l'Espagne — Gibraltar

05 Avril, 2017, 00:11 | Auteur: Lynn Cook
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The Irish IndependentA l'origine de cette réaction épidermique, un document présenté en fin de semaine dernière par le président du Conseil européen, Donald Tusk, qui dispose que l'Espagne devra donner son aval pour qu'un accord sur le Brexit puisse s'appliquer au territoire britannique ultramarin (depuis 1713) situé à la pointe sud de la péninsule ibérique et revendiqué par Madrid.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Alfonso Dastis a déploré lundi la perte du "traditionnel flegme britannique", mais a évité de remettre de l'huile sur le feu. Le ministre de la Défense britannique, Michael Fallon, a assuré dimanche matin que le Royaume-Uni protégerait et défendrait Gibraltar "jusqu'au bout", faisant ensuite référence à la guerre des Malouines. "L'incursion illégale d'un vaisseau aujourd'hui est une preuve opportune de la manière dont l'Espagne se comporte habituellement, en violation de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer", a déclaré un porte-parole du gouvernement de Gibraltar.

En clair Madrid, qui reste membre de l'UE peut imposer ses critères sur Gibraltar, face au Royaume-Uni, qui ne sera plus membre de l'Union européenne. "Vous constatez maintenant la difficulté de ce divorce", a commenté le ministre néerlandais des Affaires étrangères Bert Koender. En 2002, les habitants de Gibraltar avaient rejeté par référendum une proposition de partager la souveraineté avec l'Espagne.

L'ambassadeur du Royaume-Uni en Espagne, Simon Manley, assure que les droits des citoyens sont la priorité dans la négociation du Brexit et que les pays travaillent ensemble pour garantir la liberté de circulation avec Gibraltar. Cette disposition avait alarmé certains politiques qui craignent que Madrid puisse exclure l'enclave de tout accord commercial conclu entre les négociateurs britanniques et européens. À la découverte de cette clause, le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, n'avait d'ailleurs pas tardé à dénoncer "une machination prévisible de l'Espagne" et réaffirmer la "souveraineté britannique exclusive" du territoire d'outre-mer.

"La Première ministre a souligné que nous restions absolument déterminés à travailler de concert avec Gibraltar afin d'obtenir le meilleur résultat possible dans le cadre du Brexit, et que nous continuerions à impliquer Gibraltar dans ce processus", a-t-il ajouté. Elle s'est également engagée à ne pas prendre de décision allant à l'encontre des désirs des habitants de Gibraltar, notamment concernant la souveraineté et s'est dit prête à se battre pour que Gibraltar ait sa place dans les négociations.

Un contentieux a éclaté après qu'une feuille de route sur les négociations du Brexit, définie par le Conseil européen, a mentionné parmi les 26 sujets essentiels à aborder la révision du statut de Gibraltar.

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