Déception du collectif, négociations suspendues — Guyane

05 Avril, 2017, 01:20 | Auteur: Lynn Cook
  • Déception du collectif, négociations suspendues — Guyane

Lors des négociations ce samedi, le collectif portant le mouvement social en cours depuis deux semaines en Guyane a réclamé un "nouveau statut" pour ce territoire.

Quelques minutes plus tôt, la ministre des Outre-mer avait déjà fait son mea culpa devant la délégation d'une cinquantaine de Guyanais que Matthias Fekl et elle-même recevaient.

Les ministres ont énuméré une trentaine d'engagements, dont certains avaient déjà été communiqués ces derniers jours.

Parmi les engagements annoncés par les ministres samedi figurent la pérennisation d'un escadron de gendarmes mobiles en Guyane et l'arrivée de 50 gendarmes et policiers en renfort dès 2017, la construction d'un tribunal de grande instance et d'une prison à Saint-Laurent du Maroni, pour un coût respectif de 30 et 50 millions d'euros.

Justice, école, sécurité, santé: la série de mesures mises sur la table par les deux ministres avait été jugé insuffisante par le collectif et n'a pas mis fin à un mouvement de protestation multiforme et d'une ampleur inédite. De leur côté, Ericka Bareigts et la ministre de la Santé Marisol Touraine ont validé mercredi une aide de fonctionnement exceptionnelle de 20 millions d'euros à l'hôpital de Cayenne, en difficulté financière.

Alors que les terres en Guyane appartiennent à l'État français, ce qui alimente un fort mécontentement populaire, Mme Bareigts a annoncé la cession par Paris de 250.000 hectares pour y construire notamment des logements sociaux. 85 millions seront injectés pour améliorer le système de santé, 300 millions dans les infrastructures.

Les collectifs demandent à ce que cinq de leurs représentants soient présents durant la rencontre qui doit se tenirà 17h (heure locale) entre élus et ministres, pour plus de "transparence", disent-ils.

Vendredi matin, un petit rayon de soleil éclairait les visages de quelques dizaines d'Amérindiens vêtus de rouge, certains portant des chapeaux à plumes, d'autres des habits traditionnels, qui étaient calmement rassemblés devant le bâtiment administratif.

Le collectif " Pou La Gwiyann dékolé", qui regroupe l'ensemble des mouvements protestataires, " demande au président de la République et au gouvernement d'entamer les discussions avec la société guyanaise afin d'ouvrir un débat clair, transparent, visant à doter notre pays, trop éloigné des centres de décisions hexagonaux, un statut particulier pour la Guyane ", a déclaré Davy Rimane, un membre de la délégation, provocant les vivats de la foule.

Des barrages restaient érigés samedi à Cayenne, où toutefois bien plus de magasins étaient ouverts dans le centre que les jours précédents. "C'est vrai en Guyane, mais ça l'est également à Mayotte, ça l'est également aux Antilles". "Au bout de tant d'années, c'est à moi que revient l'honneur de dire, au-delà de ma petite personne, au-delà des fonctions, toutes mes excuses au peuple guyanais", a lancé la ministre du perron de la préfecture de la Guyane, s'attirant les acclamations et les applaudissements de centaines de personnes en contrebas. Des propos qui avaient instantanément apaisé l'atmosphère.

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