Afrique du Sud: décès d'Ahmed Kathrada, vétéran de l'anti-apartheid

05 Avril, 2017, 00:34 | Auteur: Lynn Cook
  • Ahmed Kathrada le 6 février 2015 à Johannesburg

Le militant anti-apartheid Ahmed Mohamed Kathrada est mort mardi 28 mars des suites d'une embolie cérébrale alors qu'il avait 87 ans.

'La Fondation Ahmed Kathrada est très triste d'annoncer la mort du vétéran de l'ANC Ahmed Kathrada, 87 ans, ce matin à l'hôpital Donald Gordon de Johannesburg', a-t-elle annoncé.

Toutefois, il était exceptionnellement sorti de sa réserve l'an dernier pour attirer l'attention sur la tournure que prenaient les choses au sein du Congrès national africain (ANC), parti dont il fut un cadre.

Condamné l'année suivante à la réclusion à perpétuité lors du fameux procès de Rivonia, il a rejoint le pénitencier de Robben Island et n'est sorti de prison que vingt-six ans plus tard.

Au pouvoir depuis la fin officielle de l'apartheid en 1994, l'ANC de feu Nelson Mandela se déchire depuis des mois autour de la succession de M. Zuma, qui doit quitter la présidence à la fin de son second mandat après les élections générales de 2019.

"Il serait déloyal de rendre hommage à la vie du camarade Kathrada et de prétendre qu'il n'était pas profondément perturbé par la faillite politique actuelle", a déclaré M. Motlanthe devant la foule réunie dans le cimetière de Westpark à Johannesburg. Ils partagent 26 ans de leur vie en prison, d'abord sur Robben Island, au large du Cap, avant d'être transférés en 1982 dans la prison de Pollsmoor à Cape Town.

Connu pour sa grande discrétion, Kathrada a récemment rompu son silence au sujet de la crise qui secoue l'ANC, appelant le président Jacob Zuma à démissionner de son poste dans le sillage des scandales de corruption des lesquels le chef d'Etat s'est embourbé.

Ahmed Kathrada avait été arrêté en 1963 avec Nelson Mandela et une partie de l'état-major de l'ANC dans leur QG clandestin de Johannesburg et inculpé de sabotage.

Depuis sa retraite politique en 1999, il dirigeait la fondation qui porte son nom pour lutter contre les inégalités.

C'est une lettre écrite à Jacob Zuma qui l'avait replongé au centre de l'actualité, alors que la Cour suprême avait reconnu que le président avait violé la Constitution en refusant de rembourser des fonds publics qu'il avait dépensés pour rénover sa résidence secondaire.

C'était vraiment un homme bon, qui aimait l'Afrique du Sud et tout son peuple.

Emmené par le vice-président Cyril Ramaphosa, la quasi-totalité du gouvernement a assisté aux obsèques de "Oncle Kathy". Il était simplement "Kathy " pour ses amis de la classe politique sud-africaine dont beaucoup se souviennent encore avec émotion du bel hommage que ce proche parmi les proches avait rendu à Mandela lors de la disparition de l'icône en 2013.

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